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Appel à manifester contre la gentrification, le dimanche 20 mai à la Place Simon-Valois

OPINION – Depuis plusieurs années, le Comité BAILS constate les conséquences de la gentrification dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. De nombreux locataires peinent à se trouver un logement réellement abordable et salubre. Les hausses de loyers, le manque de logement familial,  la faible construction de logements locatifs et de logements sociaux, forcent plusieurs résident.e.s à vivre dans des logements trop chers, insalubres ou trop petits. Dans certaines situations, les résident.e.s doivent quitter leur quartier faute de trouver un logement approprié. Ceux-ci et celles-ci perdent non seulement leur réseau social et familial proche, mais aussi les ressources communautaires qui peuvent aider à briser l’isolement.

La rareté des logements locatifs et la construction généralisée de condos d’un bout à l’autre du quartier ont contribué à la hausse des loyers. Entre 2006 et 2011, les loyers ont augmenté de plus de 13%, tandis que l’augmentation du revenu était seulement de 5,6%. Sans compter les coupures à l’aide sociale, dont on sait qu’elles affectent énormément notre quartier. De plus, selon une étude de l’Institut national de recherche scientifique (INRS), entre 2003 et 2014, plus de 800 logements ont été retirés du marché locatif du secteur en raison de conversions en condos ou de reprises par les propriétaires. Nous attendons prochainement les statistiques du dernier recensement où nous risquons de constater l’aggravation du phénomène.

Une manifestation du Comité BAILS en 2016. Crédit photo: Simon Mauvieux.

La gentrification est un phénomène violent dont les premières victimes sont les mal-logé.e.s du quartier. Les hausses de loyer, les commerces inaccessibles, la fermeture des commerces abordables, le nettoyage social et la répression policière ne sont que quelques exemples des conséquences désastreuses de la gentrification d’Hochelaga-Maisonneuve. Soulignons la fermeture des maisons de chambres, qui est une autre conséquence dramatique de la gentrification. Nous observons que plus notre quartier s’embourgeoise, plus des propriétaires de maisons de chambres chassent les locataires afin de rénover et agrandir leur logement.

Notre manifestation vise à dénoncer les projets de condos, notamment celui sur le terrain de Goyette Auto (Ste-Catherine/Nicolet), les projets de « revitalisation » qui favorisent la gentrification du quartier, le nettoyage social et la répression policière vécus par les personnes en situation d’itinérance et la fermeture des maisons de chambres.

Notre rassemblement vise aussi à revendiquer à la ville-centre et à l’arrondissement, une réserve de terrains pour des logements sociaux sur le terrain Lantic (Ste-Catherine/Jeanne-d’Arc) et le 1800 Nicolet (Entrepôt Pitt).

Finalement, nous revendiquons à la ville-centre et au gouvernement provincial l’augmentation des sommes dédiés à la décontamination des terrains pour des logements sociaux. Plusieurs projets sont présentement bloqués à cause des coûts reliés à la décontamination des terrains.

La manifestation sera suivie d’un Festival contre la gentrification, organisé par des résident.e.s du quartier. Pour l’occasion, à partir de 12h00, au parc Hochelaga (Davidson/Lafontaine), il y aura des ateliers, de la nourriture, une exposition photo pour les logements sociaux, un spectacle de musique et plus encore! Démontrons qu’Hochelaga-Maisonneuve est bien vivant et n’a pas besoin de revitalisation !

Un texte du Comité BAILS Hochelaga-Maisonneuve

A propos Collaborateur spécial - Place publique

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2 Commentiares

  1. Pierre Langlois

    Les données du dernier recensement au sujet des coûts de logement sont connus depuis longtemps, sur le site du journal Le Devoir il y a une carte interactive de l’île de Montréal (publiée le 2 décembre 2017) portant sur ce sujet. « Entre 2011 et 2016, les frais de logement mensuels des résidants de l’île de Montréal ont augmenté en moyenne de 12,3 % pour les locataires et de 13,1 % pour les propriétaires. Lors de chaque recensement, Statistique Canada demande aux répondants d’estimer les frais que leur ménage consacre au logement, ce qui inclut à la fois le loyer ou l’hypothèque, mais aussi l’impôt foncier et les frais d’électricité ou de chauffage ». L’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve arrive au 29e rang sur 33 pour les coûts du logement locatif avec une moyenne de 760$ par mois. Seuls des arrondissements ou villes excentrés comme Lachine (750$), Montréal-Nord (755) Villeray-St-Michel-Parc-Extension (742$) et Montréal-Est (734) sont plus abordables. On note au passage que la hausse dans l’arrondissement est moins élevée que la moyenne montréalaise: 12,1% contre 12,3%. Mais comme disent les anglos: why let the facts get in front of good story?

    • Pierre Langlois

      Précision: l’arrondissement arrive au 29e rang sur les 33 arrondissements et municipalités que compte l’île de Montréal.

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