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Les assises sur la gentrification se précisent

Les études sur la gentrification commandées par l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) ont été dévoilées, jeudi 27 avril, lors d’un point de presse au Chic Resto Pop.

Les cinq études réalisées par l’INRS portent sur la gentrification, la transformation des logements dans le quartier, l’offre commerciale ainsi que le profil des habitants d’Hochelaga-Maisonneuve. Elles sont toutes accessibles sur le site de l’arrondissement. Ces études vont permettre, selon le maire de l’arrondissement Réal Ménard, « d’avoir un débat documenté avec des données à jour ».

« On veut une revue de littérature sur ce que ça veut dire la gentrification, ce sera un portrait réel du quartier. On a donné un contrat de 100 000 $ pour avoir des données à jour », ajoute M. Ménard.

Solutions

« Les élus doivent être obsessifs au sujet de l’abordabilité des loyers », a déclaré Réal Ménard, qui semble vouloir s’attaquer en priorité au coût des loyers. « Ce thème sera certainement central dans les travaux des assises », a-t-il ajouté.

Les études nous apprennent que la croissance de la population dans Maisonneuve, depuis 1991, a été de 20%, contre 10% dans l’ensemble de Montréal et 6% à Hochelaga. Les zones les plus touchées par ces hausses sont les abords du Stade Olympique, la Place Simon- Valois et le nord de Viau-Ville, là  où la majorité des nouveaux condos ont été construits ou  convertis dans le quartier ces dernières années. Les condominiums représentent aujourd’hui 15% du parc immobilier d’Hochelaga-Maisonneuve. Leur nombre est passé de 500 en 1997 à 4000 en 2010.

L’arrondissement a présenté quelques pistes de réflexion afin d’amortir l’impact de la gentrification. Il propose de construire 150 logements communautaires par année pendant cinq ans, de financer la décontamination des sols pour leur construction, ou encore la mise en place d’un registre des baux. Si ces solutions sont déjà au cœur des revendications de nombreux comités de logements, elles sont pour l’instant seulement  applicables par le gouvernement provincial. Pourtant, le nouveau statut de la métropole pourrait fournir à la ville de nouvelles prérogatives, dont la constitution d’une réserve foncière ou d’un registre des baux, croit Étienne Potvin-Saitonge, attaché politique de Carole Poirier, la députée provinciale d’Hochelaga-Maisonneuve.

Retour sur le départ du comité BAILS du comité organisateur

Un peu plus tôt cette année, le comité BAILS avait décidé de se retirer du comité organisateur des assises. « Ça fait déjà au moins trois ans qu’il y a eu un comité gentrification dans notre quartier et ça n’a mené à rien », raconte Danielle Holyk qui travaille au comité BAILS.

Elle se souvient d’être arrivée à une rencontre du comité organisateur et de sentir qu’il [le comité BAILS] n’aurait pas une grande influence sur ce que seraient les réelles assises. Pourtant, « on trouvait ça intéressant qu’ils soient prêts à investir de l’argent pour faire des recherches, mais on aurait préféré que les recherches portent sur les solutions », maintient-elle.

Cette dernière ajoute que si la mairie voulait vraiment changer la situation, elle pourrait poser des questions et faire de la recherche sur plusieurs points, comme :

  • Quelles sortes de règlements de zonage peut-on changer?
  • Quels sont les pouvoirs municipaux à exiger?
  • Qu’est-ce que les arrondissements, la ville centre ou même la province peuvent réellement faire pour freiner la gentrification?

De plus, Danielle Holyk croit que, comme la promotion des assises se faisait beaucoup en ligne, ce ne sera pas tous les gens touchés par la gentrification qui seront présents à l’évènement. « C’est dur de savoir ça va être quoi et qui va être là », dit-elle.

Les assises ne seront pas une priorité de mobilisation pour le comité BAILS, « même si les assises sortent avec de bonnes solutions et des engagements intéressants, je pense qu’il va quand même falloir aller manifester ou mettre de la pression politique pour les réaliser. Et si ça se termine sans conclusion, bien, nous on va continuer, ça, c’est clair », conclut Danielle Holyk du comité BAILS.

Les assises sur la gentrification se dérouleront  le dimanche 7 mai 2017 au Chic Resto Pop. Le programme de la journée est disponible sur le site de l’arrondissement.

Avec Simon Mauvieux

Crédit photo : Mélanie Dusseault

A propos Raphaëlle Ritchot

Raphaëlle Ritchot
Raphaëlle est étudiante en journalisme à l’UQAM, fraîchement revenue d’un séjour en Suède où elle y a étudié les études du genre. Elle vient de s’installer tout près d’Hochelaga-Maisonneuve, un quartier qu’elle ne peut attendre de mieux connaître.

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