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Le Canadien a joué son premier match dans Hochelaga !

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Pour atténuer la tristesse des partisans du Canadien qui, fort probablement, ne participera pas aux séries de fin de saison, on peut souligner que l’histoire du Canadien a débuté dans le quartier Hochelaga à la première saison 1909-1910.

Le patinoir (patinoire était masculin à l’époque et s’écrivait sans «e» à la fin) Jubilee ou Jubilee Rink était le domicile du Canadien lors des saisons 1909-10 et 1918-19. Il était situé sur la rue Sainte-Catherine, un peu à l’ouest de Seaver (maintenant Omer-Ravary), face à une rue, aujourd’hui disparue, appelée Beaufort. Le derrière de l’édifice donnait sur le côté nord de Notre-Dame. Il était doté d’une surface naturelle, pouvait accueillir environ 3 200 personnes et était la propriété de Patrick Doran, également propriétaire de l’équipe de hockey les Wanderers de Montréal.

Le Jubilee était bâti où se trouvaient au 19e siècle les casernes militaires d’Hochelaga, abandonnées en 1870 et démolies par la suite.

Il fut inauguré le mardi 15 décembre 1908 en présence de plusieurs centaines de personnes, une fanfare et une cohorte de patineuses. En plus du patinage libre, on y présentait des films, comme en témoigne la publicité dans les journaux de l’époque. On organisait également des soirées costumées.

Ce que l’histoire retiendra, c’est que c’est dans cet aréna que le Canadien de Montréal joua son premier match local, le 5 janvier 1910, contre une équipe de Cobalt en Ontario. Ce premier match se termina par une victoire de 7 à 6 du Canadien. Les joueurs vedettes étaient alors Jack Laviolette, Newsy Lalonde et Didier Pitre. Plusieurs des porte-couleurs du Canadien jouaient à la crosse pour le National durant la saison estivale. Rappelons que le stade du National était où se trouve aujourd’hui le parc Ovila-Pelletier.

Crédit: Site du Canadien de Montréal

Incendie dévastateur

Le 23 avril 1919, vers 16h00, un incendie se déclare à l’aréna Jubilee. Lorsque les pompiers arrivent, les flammes sont déjà intenses. Le chef des pompiers lance une première, puis une seconde alerte. Rappelons que l’édifice est construit en bois, sauf des poutres de soutènement en acier.

Les pompiers luttèrent pour protéger les maisons avoisinantes, mais ne purent empêcher les flammes de toucher une partie des hangars à foin de la W.L. Hogg, marchand de grain et de foin, située au 1573, rue Notre-Dame Est.

On crut d’abord que l’incendie était d’origine criminelle et le chef inspecteur demanda à deux détectives de faire enquête sur la question. Ils eurent tôt fait de découvrir qu’aucune personne n’était responsable de l’incendie, la cause étant plutôt un court-circuit électrique. D’ailleurs, la veille, les pompiers durent intervenir pour un début d’incendie dans la toiture, encore causé par des fils électriques défectueux.

L’édifice fut une perte totale et les dégâts, évalués à 25 000$, furent partiellement couverts par les assurances. Au moment de l’incendie, la patinoire était la propriété de la veuve de Patrick Doran. La saison de hockey étant terminée, l’édifice ne servait plus depuis février et les pompiers durent briser les portes pour pénétrer à l’intérieur.

Les Canadiens avaient joué leur première saison en 1909-10 au Jubilee, puis, pour des raisons de capacité, déménagèrent au Montreal Arena pour les saisons 1910-11 à 1917-18. Lorsque le Montreal Arena fut la cible d’un incendie le 2 janvier 1918, les Canadiens revinrent au Jubilee. Lorsque le Jubilee fut à son tour incendié, les Canadiens se retrouvèrent sans aréna jusqu’en 1920 avec l’ouverture de l’aréna Mont-Royal.

A propos André Cousineau

André Cousineau
André Cousineau a participé à la rédaction de plusieurs brochures sur l'histoire du quartier. Il est maintenant responsable du site de l'Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (https://ahmhm.wordpress.com). Cet organisme, qui existe depuis 1978, s'est donné comme mandat de protéger le patrimoine de l'arrondissement et de diffuser, par tous les moyens possibles, l'histoire urbaine de ce quartier.

2 Commentiares

  1. S’appelait-il alors le CH-OMA? LOL

    • Pierre Langlois

      S’il vous plaît M. Guindon, en vous référant ainsi à l’abbréviation Ho-Ma vous allez faire pleurer les petits lapins hypersensibles.

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