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CLAP : La consultation publique ne convainc pas

Les citoyens d’Hochelaga-Maisonneuve sont restés sur leur faim lors de la consultation publique sur le projet de la future Cité de la logistique L’Assomption du Port de Montréal (CLAP), samedi 28 janvier 2017. Ils étaient, entre autres, invités à venir poser des questions, mais pour la majorité d’entre eux, aucune réponse concrète n’a été apportée.

De nombreux intervenants ont d’ailleurs souligné ne pas avoir assez de temps pour assimiler les documents qui leur ont été présentés avant de pouvoir poser des questions. « On a juste une heure pour poser des questions sur les documents qu’on vient à peine de recevoir, ça n’a pas de sens », explique un résidant.

Beaucoup de questions, peu de réponses

Les personnes présentes, dont le président du Collectif en environnement de Mercier-Est, Raymond Moquin, ont notamment déploré le fait que la consultation n’ait pas été dirigée par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). « Cette journée s’apparente davantage à une tentative de relations publiques, plutôt qu’à une consultation publique », ajoute Julie Morissette, résidante d’une coopérative d’habitation dans le quartier.

Plusieurs citoyens se sont aussi questionnés sur les données de l’étude de positionnement économique menée par CAI Global. « Dans l’étude que vous avez présentée […] vous mentionnez notamment la faible réticence sociale. Est-ce que ça veut dire que vous tenez pour acquis l’acceptabilité sociale du projet ? », questionne le résidant Pierre Bergeron. D’autres personnes ont aussi profité de l’occasion pour demander au vice-président de CAI Global à qui la firme s’était-elle adressée pour réaliser son étude. « Vous parlez d’acceptabilité sociale. Avez-vous sollicité l’avis des différentes Tables de quartier dans votre méthodologie ? », s’est interrogée Amélie Desnoyers. De son côté, la citoyenne Christine Dumas s’inquiétait pour le futur. « Nous sommes-nous un peu projeté dans l’avenir ? Qui nous dit que le modèle de logistique tel qu’on le connaît va encore tenir longtemps ? »

Une fausse consultation

« Une consultation ne peut pas se faire en une journée. Elle doit s’inscrire dans un processus à long terme », dénonce Patricia Clermont, l’une des porte-paroles de la pétition « 5000 signatures pour MHM ». Même si elle reconnaît que cette journée a apporté aux citoyens un début d’information, elle s’indigne que la mairie impose, selon elle, un rythme trop rapide dans l’avancement du projet.

Dans l’un des ateliers proposés tout au long de la journée, les citoyens étaient appelés à réfléchir aux conditions d’une cohabitation harmonieuse avec la CLAP. Certains souhaitent que ce projet se fasse dans le respect de l’environnement et veulent, par exemple, plus de verdissement. D’autre ont mis l’accent sur l’aspect social, en réclamant des retombées économiques directes sur le quartier, ou bien une modification du zonage pour ne pas gêner les riverains directs. Enfin, plusieurs citoyens ont d’emblée affirmé que le projet était déjà sur la table, qu’il se jouait sans les résidants du quartier et qu’il n’y avait de toute façon pas d’alternative.

Pour Patricia Clermont, même si le projet risque d’être déposé officiellement dans les prochaines semaines, il ne faut pas baisser les bras. La pétition « 5000 signatures pour MHM » a déjà été signée 2000 fois. « Si on obtient les 5000 signatures d’ici le 20 mars, il faudra qu’on nous écoute, sans quoi il s’agira d’un déni de démocratie », explique-t-elle, en réaction aux propos du maire Réal Ménard, qui avait indiqué ne pas vouloir tenir compte de cette pétition.

Le maire satisfait, pas l’opposition

« Les gouvernements ne renonceront pas à créer un secteur logistique, mais il y a moyen d’en faire quelque chose d’extrêmement positif » a expliqué Réal Ménard dans son mot de clôture. Il s’est aussi félicité d’avoir réuni la majorité des acteurs économiques et politiques liés au projet ainsi que les citoyens.

Pour Laurence Lavigne Lalonde, conseillère de Maisonneuve−Longue-Pointe, cette journée n’a pas apporté d’éclairages nouveaux. « On n’a pas plus d’information. Ce dont on est certains, et le maire l’a dit d’entrée de jeu, c’est que ce projet va voir le jour », explique-t-elle.

« Toutes les questions que les citoyens se posaient n’ont pas obtenu de réponses. Est-ce qu’il va y avoir plus de trains ? Le CN était dans la salle, ils n’ont pas répondu », dénonce la conseillère.

Enfin, elle a soulevé le fait que le maire avait lu un extrait du PIIA, un Plan d’implantation et d’intégration architecturale, censé être rédigé à la lumière de la consultation publique. « En quelques minutes, le maire a invalidé tout son processus, car il nous a lu un extrait de la règlementation qu’il avait déjà écrite, alors qu’il devait la rédiger après la consultation », s’indigne-t-elle.

Une fois le projet de Ray-Mont Logistics déposé officiellement à la mairie, le maire s’est engagé à organiser deux autres consultations publiques.

Avec Raphaëlle Ritchot
Photos Simon Mauvieux/QuartierHochelaga

A propos Simon Mauvieux

Simon Mauvieux
Simon est diplômé de journalisme et étudiant à la maîtrise en science politique. Récemment installé dans le quartier, il se plait à explorer sa vie communautaire et politique. Passionné par le reportage et la photographie, il traine son carnet et son appareil au gré de l’actualité.

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