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CLAP: Le ton monte entre des opposants et la mairie

Des opposants au projet de la Cité de la logistique L’Assomption du Port de Montréal (CLAP) se disent préoccupés par la légitimité démocratique des processus en cours. Plusieurs citoyens dénoncent des pratiques d’intimidation venant de la mairie, ce que nie en bloc le maire de l’arrondissement, Réal Ménard.

Selon certains opposants au projet de la CLAP, l’envergure des acteurs économiques et politiques derrière ce projet ne permet pas de faire entendre la voix des citoyens. La mairie, de son côté, rappelle que tout est en place pour impliquer les citoyens grâce à la consultation publique qui aura lieu le 28 janvier 2016.

L’opposition s’organise sur Facebook

Véronick Raymond publie régulièrement sur la page Facebook Mobilisation citoyenne pour la gestion du terrain de l’ancienne fonderie. La semaine dernière, elle a relevé le fait que l’entreprise Gaïa Inc., administrée par Charles Raymond, propriétaire de Ray-Mont Logistics (qui est propriétaire d’un terrain de la CLAP), a fait appel aux services d’Octane Stratégies, une firme de relations publiques. Octane était inscrite au registre des lobbyistes à l’Assemblée nationale pour la période du 27 mai au 31 décembre 2016. Dans le registre, on apprend que sa mission était de s’« assurer que les différentes parties prenantes comprennent les composantes du projet et ne s’opposent pas à sa réalisation », faisant référence au projet de la CLAP.

Véronick Raymond a relevé qu’Yves Dupré, ancien président d’Octane Stratégies, avait démissionné de son poste pour devenir le directeur de campagne de Denis Coderre, pendant les élections municipales de 2013. Elle a aussi soulevé le fait que Sébastien Lemire, attaché politique et responsable des communications de Réal Ménard, a travaillé il y a trois ans pour Octane Stratégies. « Que Sébastien Lemire ait travaillé pour Octane, ça ne me dit pas qu’il y a corruption ou conflit d’intérêts. Mais si Octane appelle Denis Coderre ou Réal Ménard, ils ont une certaine porte d’entrée », dénonce Véronick Raymond.

Sébastien Lemire, de son côté, a dénoncé avec vigueur ce rapprochement, qu’il a qualifié « d’attaque diffamatoire » et de « récupération politique malhonnête ». « Dire que j’ai muselé son droit de parole, car j’ai demandé à Facebook de retirer une publication tendancieuse, c’est scraper ma réputation », s’indigne Sébastien Lemire.  En effet, la publication a été supprimée peu de temps après que Véronick Raymond l’ait écrite, déclenchant l’ire des militants qui dénoncent un acte de censure.

Précédents

En aout 2016, sur la même page Facebook, Réal Ménard a publié un long message signifiant sa surprise après qu’une militante a parlé à une journaliste de Radio-Canada, évoquant notamment que la relation de confiance avec la mairie était rompue. « Il n’est pas nécessaire, ni approprié, de se parler par média interposé alors que le règlement n’est pas rédigé et que le propriétaire du terrain n’a pas déposé de projet », a précisé le maire. En conséquence de cette prise de parole, il a évoqué la possibilité que la mairie se retire du « comité de bon voisinage », une instance créée pour faciliter le dialogue entre les riverains concernés par la CLAP et elle. « Le but d’un comité de bon voisinage, ce n’est pas de ne pas permettre aux citoyens de s’exprimer, mais c’est d’amener le point au comité, avant d’aller dans les médias », a expliqué Réal Ménard.

André Cliche, un autre citoyen insatisfait du projet en cours, a indiqué avoir reçu un appel de Réal Ménard après avoir accordé une entrevue à un journaliste au sujet de la CLAP. « Il m’a dit très clairement qu’il y aurait des conséquences si on devait continuer à travailler par le biais de journalistes. J’ai été vraiment surpris, je lui ai demandé de préciser sa pensée, il a plutôt précisé des conséquences pour les conseillers du parti de l’opposition », a expliqué André Cliche.

Le maire confirme avoir parlé au téléphone avec André Cliche à plusieurs reprises, mais dans le cadre de l’organisation d’une rencontre pour éclaircir plusieurs points factuels au sujet du projet de la CLAP. « Le pouvoir médiatique est la moindre des choses pour les citoyens, car on n’a pas les moyens de se payer des lobbies pour rééquilibrer le discours. Heureusement que ce pouvoir existe », a précisé André Cliche.

La mairie réfute toute tentative d’intimidation et dénonce certaines pratiques des citoyens, qu’elle qualifie de « groupes de pression ». « Les gens ont le droit de s’exprimer. On n’est pas dans l’intimidation, et c’est très dommage que des gens utilisent le terme intimidation », a répondu Réal Ménard.

Pour la mairie, la consultation publique de samedi permettra aux citoyens de s’exprimer sur leurs inquiétudes. « On n’a pas besoin de faire signer 5000 noms. On a une consultation publique, et j’en organiserai une deuxième quand Ray-Mont Logistics aura déposé son projet », tempère le maire.

La campagne 5000 signatures pour MHM a récolté à ce jour 1500 signatures. Ils ont jusqu’au 20 mars pour récolter 5000 signatures afin d’enclencher un processus de droit à l’initiative pour organiser une consultation sous l’égide de l’Office de consultation publique de Montréal.

 

A propos Simon Mauvieux

Simon Mauvieux

Simon est diplômé de journalisme et étudiant à la maîtrise en science politique. Récemment installé dans le quartier, il se plait à explorer sa vie communautaire et politique. Passionné par le reportage et la photographie, il traine son carnet et son appareil au gré de l’actualité.

Un commentaire

  1. elisabeth Greene

    Voici le lien de la page de la mobilisation citoyenne:
    https://www.facebook.com/groups/894300664032990/?ref=bookmarks

    Également de la page internet:
    https://www.5000signaturespourmhm.com/

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