Accueil / Culture / Coup dur dans le quartier : fermeture du club vidéo le Septième

Coup dur dans le quartier : fermeture du club vidéo le Septième

Il n’y aura plus de club vidéo répertoire dans Hochelaga-Maisonneuve. Après 11 ans d’activité, le club vidéo le Septième a annoncé qu’il fermait ses portes le 26 mai dernier.

Julien Avon, co-propriétaire du 7e
Julien Avon, co-propriétaire du 7e

Julien Avon, co-propriétaire du Septième, pointe du doigt une conjoncture défavorable. « Le streaming, le download, Netflix ou les locations à la carte à la télé, c’est sûr que ça a changé la donne, ça revient moins cher aux gens comparativement aux clubs vidéos. », déplore-t-il.

Le co-propriétaire n’est pas surpris outre mesure de la fermeture. Les problèmes dans l’industrie sont de plus en plus discutés dans les médias et plusieurs petits clubs vidéo indépendants ont dû fermer leurs portes sur l’île.

« Il y a un an, on a voulu conscientiser nos clients sur notre situation. On leur a fait un shout-out pour dire que ça n’allait pas bien, qu’ils ne devaient pas s’étonner si jamais on fermait », explique Julien Avon. « On a vu une descente qui s’accélérait. On s’est donné plusieurs breaking point en repoussant toujours à plus tard et finalement, ça a été le 26 mai dernier », poursuit-il.

« Vous êtes fous, c’est un désert culturel Hochelaga ! »

L’entreprise a été fondée en 2002 par Julien Avon et Julie Brisson. Lui était étudiant en science politique à l’UQAM et elle, étudiante en politique et communication à l’UdeM. Les deux travaillaient au Superclub Vidéotron sur la rue Ontario et c’est en discutant avec des clients qu’ils ont eu l’idée de fonder un club vidéo répertoire, pour répondre aux besoins d’une clientèle qui recherchait autre chose que des films grand public.

« Au départ les gens nous disaient « Vous êtes fous, c’est un désert culturel Hochelaga ! » », raconte Julien. Mais les deux propriétaires ont vite réalisé que les affaires allaient bien : en seulement une semaine et sans publicité, ils ont eu 100 nouveaux membres dans leurs premiers locaux situés sur la rue Chambly.

Julien Avon souligne que Le Septième a toujours eu une clientèle diversifiée.  Une clientèle qui regroupait « des monsieurs pas très riches qui voulaient revoir des films de leur enfance dans les années 40 ou 50, des étudiants qui louaient des films d’auteurs ou des gens bien habillés avec des cravates. »

Suite à l’annonce de la fermeture, les réactions déçues ont fusé sur la page Facebook du Septième. Quelques-uns se rappellent avoir fait des découvertes en parlant avec les employés au comptoir, ou tout simplement en flânant dans les allées. Le Septième était un espace d’échanges et de découvertes pour les cinéphiles. Mais même après plusieurs tentatives pour garder le club vidéo rentable, rien n’a porté fruit.

L’Atomic café poursuivra ses activités

Le Septième partageait ses locaux depuis 2005 avec l’Atomic café, au 3606 Ontario Est. De son côté, le café compte poursuivre ses activités même s’ils devront maintenant payer la totalité du loyer.

« C’est une perte que le Septième ferme. Il y avait toute une communauté autour de ça », soupire Martin Pelletier, co-propriétaire de l’Atomic café. Il raconte que c’est grâce au Septième que son café a vu le jour. Les deux propriétaires de l’Atomic café ont appris à faire du café sur une machine dans la cave du Septième, sur la rue Chambly. Quand le club vidéo a voulu déménager faute d’espace, ils ont décidé de partager un lieu commun en mettant en place un concept café-club vidéo.

Pour l’instant l’Atomic café restera un café, mais le co-propriétaire affirme jongler avec de nouvelles idées. L’équipe rencontrera notamment le maire de l’arrondissement Réal Ménard pour évaluer la possibilité de faire une salle de spectacle dans les défunts locaux du Septième.

Au moment de fermer, le Septième compte 12 000 films, documentaires ou téléséries. Une vente d’inventaire ouverte à tout le monde est prévue les 1er et le 2 juin, de 10h à 21h.

A propos Anne-Marie Provost

Anne-Marie Provost
Anne-Marie est journaliste au 24 Heures et chef de pupitre au magazine Trente. Elle a auparavant travaillé comme comme stratège médias sociaux et gestionnaire de communauté, en plus de toucher aux relations de presse. Elle détient un baccalauréat en science-politique de l'Université de Québec à Montréal et un DESS en journalisme de l'Université de Montréal. Elle est passionnée par son quartier et s'intéresse à tout ce que les gens ne savent pas encore.

2 Commentiares

  1. C’est tellement dommage. Qu’elle perte pour le quartier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.