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Défense des droits: vers de nouvelles revendications

La campagne « Hochelaga-Maisonneuve réagit à l’austérité » avait mobilisé de nombreux citoyens et organismes communautaires du quartier en 2016. Maintenant qu’elle est terminée, le Comité de défense des droits de l’organisme La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve estime qu’il est temps d’entamer un nouveau cycle de revendications.

Une trentaine d’intervenants du secteur de la défense des droits se sont rassemblés le 26 avril dernier au Pavillon d’Éducation Communautaire, situé sur le boulevard Pie-IX, afin de discuter des priorités dans les luttes à venir et de brosser un portrait de ce qui se fait actuellement en matière de défense des droits.

« On veut permettre aux gens de se rencontrer pour qu’ils déterminent ensemble des actions collectives à poser », soutient l’animateur de l’évènement et organisateur communautaire du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, Martin St-Georges. Les citoyens ont comparé leurs visions de la défense des droits, laissant émerger des consensus aussi bien que des divergences. « Le propre du collectif, c’est d’être flexible, et que la discussion permette d’aller plus loin ensemble », estime Martin St-Georges.

Au quotidien

Les stratégies de défense de droits sont nombreuses, passant de la très visible manifestation à la moins flamboyante éducation populaire. L’organisme communautaire Tour de lire lutte contre l’analphabétisme et la pauvreté en offrant des ateliers d’alphabétisation populaire dans Hochelaga. Il s’agit d’une forme parmi d’autres de défense des droits collectifs, estime Marie Auer-Labonté, de l’organisme. « On offre des ateliers à des adultes en fonction de leurs besoins et de leurs intérêts, explique-t-elle. On développe également plusieurs projets avec d’autres organismes. De se mobiliser et de pousser la réflexion, c’est de la défense de droits. »

Plusieurs ont toutefois relevé qu’un glissement s’observe depuis une vingtaine d’années chez les organismes de défense de droits, qui tendraient davantage vers l’offre de service et moins vers la mission de protection. « C’est largement documenté dans l’évolution du communautaire au Québec que dans les 20-30 dernières années, plusieurs groupes qui faisaient de la défense de droits, de la mobilisation et de l’éducation populaire, ont glissé vers la professionnalisation », estime Marie Auer-Labonté. Le danger est que, par manque de temps ou autre, les organismes traitent seulement les symptômes et non les causes profondes des inégalités auxquelles ils tentent de remédier.

« La grande majorité des organismes communautaires font de la défense de droits, même s’ils ne sont pas identifiés comme tels, fait remarquer Martin St-Georges. Ils travaillent avec des individus qui ont des besoins fondamentaux et la défense de droits est un outil pour y répondre. » Il est difficile de trouver un consensus dans la manière de lutter pour les droits, chaque organisme s’y attelant par les moyens qu’il possède. Les principaux organismes de défense de droits recensés comme tels par la Table de quartier n’étaient d’ailleurs pas tous présents à la rencontre.

Les élections municipales à venir seront sans doute une opportunité pour le Comité de défense des droits de faire monter un peu la pression et d’éveiller les consciences. La réflexion collective se veut un début de piste pour lutter toujours plus efficacement contre les inégalités sociales.

 

A propos Ericka Muzzo

Ericka Muzzo

Nouvellement installée à Hochelaga-Maisonneuve, Ericka est étudiante en journalisme à l’Université du Québec à Montréal. Elle se passionne pour ces histoires en apparence banales qui épicent la vie et créent des ponts entre nous, individus à la fois si uniques et pourtant si semblables.

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