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Éditorial : La gentrification dans l’œil de QuartierHochelaga

Éditorial. Depuis presque dix ans, le mot gentrification résonne dans les rues d’Hochelaga. Des graffitis sur les murs aux vitres éclatées, des conversations de comptoir aux débats médiatiques, tout le monde, ou presque, a son avis sur la question.

Nous, journalistes-citoyens de QuartierHochelaga, avons décidé de nous pencher sur ce sujet épineux, avec notre approche habituelle : celle d’un journalisme de qualité, inclusif et diversifié. Nous pensons que chaque voix mérite d’être entendue, y compris celles qui dérangent.

Au cours des prochaines semaines, vous pourrez retrouver sur notre site une série d’articles originaux qui explorent, chacun à leur façon, une facette du problème. Nos chroniqueurs habituels vous proposeront aussi des textes d’opinion, pour enrichir le débat avec des idées parfois discordantes.

Pour nous, le mot gentrification n’est pas un terme militant. Nous ne le mettons pas entre parenthèses comme ce fut le cas dans les grands médias pendant un certain moment. De nombreuses universités se penchent sur la question et même les politiciens du quartier ont fini par reconnaître le terme avec leurs « assises ». Le quartier se transforme et s’embourgeoise réellement. Reste à mettre le concept en perspective, à reculer pour mieux comprendre.

Hochelaga, dans toute sa diversité

Pour cela, sommes allés recueillir les avis d’anciens habitants, de nouveaux, de pros ou d’anti-gentrification, bref des citoyens d’Hochelaga-Maisonneuve dans toute leur diversité.

Nous ne prendrons pas parti en faveur d’une position, nous ne sommes pas là pour ça. Pourtant, nous sommes résolument engagés. Engagés à éclaircir les zones d’ombres de la gentrification, à explorer ses aspects invisibles, ses acteurs, et ses implications concrètes sur la vie des résidents du quartier.

Nous sommes allés à la rencontre d’artistes, d’habitants d’une coopérative ou de vieux résidents du quartier, témoins depuis des années de la transformation de leur quartier. Nous vous raconterons aussi l’histoire de la place Simon-Valois, haut lieu de socialisation du quartier, mais aussi témoin de la gentrification. La construction de condominiums sur le terrain de Goyette Auto a aussi retenu notre attention; nous vous relaterons les détails de cet énorme projet immobilier. Nous nous sommes aussi penchés sur l’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, pour comprendre le présent, en regardant vers le passé. Enfin, les assises de la gentrification organisées par la mairie se dérouleront en mai 2017. Que pouvons-nous attendre de cette démarche? Nous tenterons de répondre à cette question dans le dernier article de ce dossier.

Samuel Lamoureux et Simon Mauvieux, rédacteurs en chef de Quartier Hochelaga.

Sommaire du dossier :

Éditorial : La gentrification dans l’œil de QuartierHochelaga

208 condos de plus sur Sainte-Catherine Est

Tableau d’une mixité réfléchie

Chlag.info : passer par la lutte

Les coopératives d’habitation, un barrage à la gentrification ? (1/2)

Les coopératives d’habitation, un barrage à la gentrification ? (2/2)

La Place Simon-Valois, entre gentrification et mixité sociale (1/2)

La Place Simon-Valois, entre gentrification et mixité sociale (2/2)

Hochelaga, prochain Plateau-Mont-Royal ?

Chronique : Hochelaga, mon quartier

Chronique : Embourgeoisement: et les pauvres dans tout ça ?

A propos Simon Mauvieux

Simon Mauvieux

Simon est diplômé de journalisme et étudiant à la maîtrise en science politique. Récemment installé dans le quartier, il se plait à explorer sa vie communautaire et politique. Passionné par le reportage et la photographie, il traine son carnet et son appareil au gré de l’actualité.

2 Commentiares

  1. Pierre Langlois

    «Nous ne prendrons pas parti en faveur d’une position, nous ne sommes pas là pour ça. »

    Je viens de lire vos deux premiers articles et, comme il fallait s’y attendre, on dirait une info-lettre du BAILS (faire passer un conseiller de Projet Montréal pour un complice des vils promoteurs…) J’espère qu’on donnera la parole à des scientifiques et des gens crédibles en urbanisme comme Gérard Beaudet, Daniel Gill ou Danielle Pilette plutôt que de nous raconter des anecdotes ou de nous faire part de vos impressions subjectives. En passant, le BAILS c’est un groupe de pression qui n’a aucune prétention à la rigueur scientifique, pas plus que l’APCHQ ou le Regroupement des commerçants de la rue Ontario.

  2. J’habite dans Hochelaga depuis un peu plus de 3 ans et pourtant je vois très bien les changements qui opèrent dans le quartier. Malgré le fait que je n’y habite pas depuis très longtemps, je connais pourtant plutôt bien mon quartier que j’ai vite adopté et où je m’implique comme je peux. La question de la gentrification m’a surtout interpellé, puisque j’ai dû quitter mon ancien quartier faute de moyens face à la montée du loyer. Je comprends très bien que certains et certaines puissent être frustrés face à cette situation et il y a effectivement urgence d’agir pour protéger les plus vulnérables.

    Par contre, les actes de vandalisme envers certains commerces m’attristent et non pas lieu d’être. Je constate également trop souvent la hargne et l’entêtement de certains acteurs dans le débat qui noircissent le tableau et crachent allègrement sur les élues, sans pour autant vouloir participer à la discussion. Certes, la violence économique que plusieurs subissent dans le quartier est malheureuse et doit être dénoncée tout autant que la violence qu’on subit certains commerçants.

    Il faut davantage de logements sociaux, mais Hochelaga-Maisonneuve reste tout de même l’arrondissement dans lequel il y a le plus de logements sociaux qui se sont construits entre 2002 et 2015, soit 1722 (selon un article du Journal de Montréal du 16 novembre 2015). Malgré la construction de condos qui elle aussi a augmenté considérablement sur la même période, d’autres projets verront le jour prochainement (comme l’îlot Saint-Clément ou L’Avenue par exemple), et rien n’indique pour l’instant que la tendance ira à la baisse.

    Malgré ce que certains diront, je crois que les élus dans Hochelaga sont nos alliés face à cet enjeu, contrairement au gouvernement libéral qui a coupé la moitié du budget pour les logements sociaux. Hochelaga et un quartier populaire progressiste et les élus d’Hochelaga n’échappent pas du tout à cette tendance.

    En ce sens, un règlement « anti-gentrification » empêche la conversion de condo sans avoir 15% de logements abordables aux projets de construction de 100 unités et plus de favoriser la mixité sociale, un des rare quartier à Montréal à se prévaloir de ce droit. D’ailleurs, le projet de développement MAP situé au coin Nicolet et Sainte-Catherine Est qui ne comportait aucun logement social dans sa première version comportera finalement 40 logements sociaux. Voilà une avancée intéressant qui mérite d’être soulignée. Bien entendu, l’argent étant le nerf de la guerre et c’est le manque de financement qui empêche trop souvent la réalisation de certains projets de logements sociaux. Notre vrai adversaire face à la gentrification d’Hochelaga, c’est le gouvernement libéral et le sous-financement.

    Je trouve malhonnête d’insinuer que les élus d’Hochelaga n’ont rien fait pour le logement social, bien au contraire. D’ailleurs, l’arrondissement organisera le 15 mai prochain des assises sur la gentrification où les élus seront présents et c’est le temps de se faire entendre sur la question, car la violence économique est là depuis longtemps. Il faut selon moi, applaudir le fait que des élus organisent de telles assises. À mon sens, c’est déjà un pas dans la bonne direction, car ils et elles reconnaissent que la gentrification est un problème réel auquel il faut trouver des solutions convenables pour l’avenir de notre quartier. Ainsi, je crois que l’on est sur la bonne voie pour trouver une solution viable et profitable pour toutes et tous. Ne reste plus qu’à attendre le printemps.

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