Accueil / Culture / Exposer l’esprit de communauté

Exposer l’esprit de communauté

Le rez-de-chaussée de l’édifice American Can Co., entre la friperie et l’épicerie, sera jusqu’au 7 mai embelli par des œuvres retraçant le quotidien montréalais en coopérative d’habitation. L’exposition photographique 10 000 logements, 10 000 foyers de changement ! propose au public une prise de conscience de la place de l’habitation communautaire à Montréal et veut démystifier ces projets parfois mal compris ou méconnus.

En mettant l’accent sur des facettes plus clandestines des projets, telles que l’innovation et le développement durable, l’entreprise d’économie sociale à l’origine du projet, Bâtir son quartier, espère combattre les aprioris et sensibiliser les citoyens à l’importance du logement collectif.

« Les photographies montrent la transmission du patrimoine, notamment la facette historique à travers la série de photos intitulée Salut Providence ! […] Les projets sont aussi des leviers de développement économique et social pour les communautés : ça crée de l’emploi et ça apporte une stabilité à plusieurs personnes. On veut montrer tout ça au grand public », explique la responsable des communications de l’entreprise, Marie Réveillé.

En plus de la série principale et de Salut Providence ! par Denis Tremblay, axée sur le patrimoine, l’exposition comporte Grand Nord de Valérian Mazataud, qui explore les liens sociaux unissant les habitants de Montréal-Nord. L’exposition entière célèbre le 10 000e logement réalisé par Bâtir son quartier depuis sa fondation en 1976.

N’importe qui

« Le logement communautaire s’adresse d’abord à des gens à faible et moyen revenu, mais bien au-delà, ça dessert n’importe qui en situation de difficulté pour quelque raison que ce soit. Des petits ménages, des grandes familles, des immigrants, des jeunes professionnels : c’est très varié », constate Marie Réveillé. Plusieurs peuvent être surpris en découvrant l’exposition, et surtout la panoplie d’acteurs derrière chaque projet : élus, citoyens, professionnels, organismes et architectes sont impliqués.

Au fond du couloir de gauche, un demi-cylindre expose l’évolution générale des projets, de 1976 à aujourd’hui. « Ça a beaucoup changé en 40 ans, reconnaît Mme Réveillé. On est beaucoup dans la construction neuve, dans les projets à très grande échelle. On crée des coopératives de solidarité en association avec des acteurs de la communauté, qui sont membres du conseil d’administration. On édifie les projets ensemble. »

Plus qu’une exposition

Par certains organismes tels que La Table de Quartier de Hochelaga-Maisonneuve, partenaire de l’exposition, un véritable contact peut se créer avec les citoyens pour permettre la collaboration.

« Au quotidien, des organismes communautaires du quartier sont en contact avec la population, et dans leurs dossiers ils sont mobilisés sur les enjeux de logement. Ils participent aux concertations et aux comités dans le quartier », fait remarquer Marie Réveillé. La première photo sur le mur de droite a d’ailleurs été prise à la coopérative d’habitation Station No 1, située sur l’avenue d’Orléans, dans Hochelaga.

L’exposition a déjà été présentée dans cinq autres quartiers de Montréal, parfois à de multiples endroits. Dans d’autres arrondissements, notamment dans Montréal-Nord, des activités ont eu lieu autour de l’exhibition. « Il y a eu un travail entre le photographe et les jeunes du quartier, et une intervention auprès des aînés aussi. On a organisé un cinéma en plein air près du lieu d’exposition », relate Marie Réveillé. Malheureusement, de telles activités ne sont pas à l’agenda pour Hochelaga, mais d’autres projets sont prévus pour le quartier, assure la responsable des communications.

L’exposition sera présentée au rez-de-chaussée de l’édifice American Can Co. jusqu’au 7 mai, « pour correspondre avec les assises sur la gentrification », spécifie Mme Réveillé.

Crédit photo: Ericka Muzzo

A propos Ericka Muzzo

Ericka Muzzo

Nouvellement installée à Hochelaga-Maisonneuve, Ericka est étudiante en journalisme à l’Université du Québec à Montréal. Elle se passionne pour ces histoires en apparence banales qui épicent la vie et créent des ponts entre nous, individus à la fois si uniques et pourtant si semblables.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *