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Il était une fois, la circonscription d’Hochelaga

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Erratum: l’article parle principalement de la portion Maisonneuve du quartier entre 1896 et 1976. Pour Hochelaga, il s’agit bien de la circonscription d’Hochelaga qui incorporera le quartier d’Hochalaga, la limite entre ces deux circonscriptions changeant constamment. Dans ce cas précis, c’est le libéral et avocat Raymond Eudes qui sera le député le plus élu (8 élections pour un mandat de 25 ans, entre 1940 et 1965). Il sera remplacé par son collègue Gérard Pelletier, entre 1965 et 1975. En 1976, Hochelaga représentera la circonscription de Sainte-Marie, tandis que le quartier Hochelaga sera inclus dans celle de Maisonneuve.

La circonscription électorale d’Hochelaga-Maisonneuve a été créée sur l’île de Montréal en 1988 à partir de territoires des circonscriptions précédentes de Maisonneuve et de Sainte-Marie. Antérieurement, elle a porté le nom Maisonneuve (de 1912 à 1988). QuartierHochelaga, en collaboration avec l’Atelier d’Histoire de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve, vous fait un petit cours d’histoire sur nos députés fédéraux.

Forteresse libérale

Le premier représentant de la circonscription de Maisonneuve a été Raymond Fournier, un avocat, qui a été élu député avec 62,55 %, soit 3912 voix le 23 juin 1896. Maisonneuve regroupait les villes de Maisonneuve et de la Côte-Saint-Louis, des villages de la Côte de la Visitation et du Mile-End, et des quartiers d’Hochelaga et Saint-Jean-Baptiste, dans la cité de Montréal.

Raymond Fournier sera nommé ministre de la Marine et des Pêcheries jusqu’à son décès le jour de Noël 1905. Il sera remplacé par Alphonse Verville, un plombier du Parti travailliste.

Hochelaga-Maisonneuve a, depuis, été une forteresse libérale. Les Libéraux ont régné sans partage sur le quartier pendant 67 ans, avec de fortes avances sur les conservateurs (sur 20 élections, les candidats ont été élus avec une moyenne de 58 % des voix). La marge la plus faible a été l’élection de Jean-Paul Deschatelets en 1953 avec 41,93 % des voix. Le second a été Jean-Albert Tardif, un candidat… libéral dissident, qui récolta 33,14 %.

Alternance conservatrice

Il aura fallu attendre les élections de 1984 et la fin de l’ère Trudeau père pour qu’Hochelaga connaisse enfin l’alternance politique. Édouard Desrosiers, un chanteur lyrique, bat le député sortant Serge Joyal avec 41,21 % et une avance de 1043 voix sur 32 139 exprimées. Cette élection verra aussi participer pour la première fois un jeune étudiant de 22 ans du Parti nationaliste québécois, un certain Réal Ménard. Il obtiendra 3,39 %.

Carte de la circonscription d'Hochelaga en 2015 — Crédits Élections Canada
Carte de la circonscription d’Hochelaga en 2015 — Crédits Élections Canada

En 1988, la circonscription prend pour la première fois le nom d’Hochelaga-Maisonneuve. L’attribut Maisonneuve disparaîtra en 2004. À cette époque, le territoire aura la même configuration que celle de 2015, en y ajoutant une partie de au sud du boulveard de Rosemont et à l’est de Duquesne, tout en retirant la partie au nord de Rosemont et à l’ouest de Lacordaire.

Édouard Desrosiers ne se représentant pas, c’est son collègue conservateur Allan Koury, un commerçant, qui remportera la victoire dans une course à trois avec 39,25 %. Distançant de 2708 voix son adversaire libéral Serge Laprade (34,23 %), il doit sa victoire au bon score du candidat néo-démocrate Gaétan Nadeau et ses 20,74 %.

Faire la vague

Allan Koury ne restera en poste qu’une mandature, puisqu’il se fera emporter par une vague bleu clair qui déferla sur le Québec. Le nouveau parti nationaliste, le Bloc québécois, remporte 54 sièges sur les 75 du Québec. Parmi les députés élus, Réal Ménard, alors attaché politique de la députée provinciale Louise Harel, sera porté au pouvoir avec 61,47 % des voix, loin devant son premier concurrent, Jules Léger du Parti libéral (25,03 %).

Réal Ménard sera systématiquement reporté dans son mandat de député pendant 15 ans, avant de faire le saut en politique municipal en 2009, un peu moins d’un an après sa réélection à Ottawa. Il sera remplacé par Daniel Paillé, économiste de formation, lors du scrutin partiel le 9 novembre 2009.

Ce dernier ne restera que 17 mois en poste puisqu’il sera lui-même victime d’une autre vague, orange cette fois-ci. Marjolaine Boutin-Sweet gagnera les élections de 2011 avec 48,17 % des voix, devant le député sortant, qui récoltera 31,20 %.


 

Liste des députés de la circonscription qui recouvrait le quartier Hochelaga-Maisonneuve

En italique, les députés d’Hochelaga. En normal, ceux de Maisonneuve. Après 1976, le député représente les deux quartiers.

1867 – 1872: Antoine Aimé Dorion, Parti libéral

1872 – 1874: Louis Beaubien, Parti conservateur

1874 – 1892 : Alphonse Desjardins, Parti conservateur

1892 – 1896 : Séverin Lachapelle, Parti conservateur (par acclamation)

1896-  1905 : Raymond Fournier, Parti libéral

1896 – 1903 : Joseph Alexandre Camille Madore, Parti libéral

1904 – 1911 : Louis-Alfred-Adhémar Rivet, Parti libéral

1906-1917 : Alphonse Verville, Parti travailliste

1911 – 1915 : Louis Coderre, Parti conservateur

1915 – 1917 : Esioff Léon Patenaude, Parti conservateur (par acclamation)

1917 – 1921 : Rodolphe Lemieux, Libéral de Laurier

1917 -1921 : Joseph-Edmond Lesage, Libéral de Laurie (élu avec 94,21%)

1921 – 1932 : Clément Robitaille, Parti libéral (plus fort appui : en 1921, élu avec 77,08%)

1921 – 1940 : Édouard-Charles Saint-Pierre, Parti libéral

1932 – 1935 : Joseph Jean, Parti libéral

1935 – 1953 : Sarto Fournier, Parti libéral (plus long mandat : 17 ans, 304 jours)

1940 – 1965 : Raymond Eudes, Parti libéral (élu à 8 élections pour un mandat de 25 ans, entre 1940 et 1965)

1953 – 1965 : Jean-Paul Deschatelets, Parti libéral

1965 – 1974 : Jean-Antonio Thomas, Parti libéral

1965 – 1975 : Gérard Pelletier, Parti libéral

1974 – 1984 : Serge Joyal, Parti libéral

1975 – 1979 : Jacques Lavoie, parti progressiste-conservateur

1984 – 1988 : Édouard Desrosiers, Parti progressiste-conservateur

1988 – 1993 : Allan Koury, Parti progressiste-conservateur (plus faible appui avec 39,25%)

1993 – 2009 : Réal Ménard, Bloc Québécois (record d’élections : 6 fois)

2009-2011 : Daniel Paillé, Bloc Québécois (plus court mandat :  1 an, 5 mois)

2011 — … : Marjolaine Boutin-Sweet, Nouveau Parti démocratique

A propos Arnaud Stopa

Diplômé d’histoire et de journalisme, un océan sépare le quartier qui l’a adopté en 2013 et ses origines. Surnuméraire au journal le Devoir, (vidéo) journaliste pigiste occasionnel, critique de musique métal à ses heures perdues, il souhaite faire connaître Hochelaga et son évolution actuelle.

4 Commentiares

  1. Si je ne trompe pas, cette historique des députés est centrée sur le quartier de Maisonneuve (anciennes circonscriptions de Maisonneuve-Rosemont et Maisonneuve), le quartier de Hochelaga faisait partie d’une autre circonscription (Hochelaga).

    • Bonjour Guillaume.

      Le quartier Hochelaga-Maisonneuve, dans ses limites (fleuve, chemins de fer, rue Sherbrooke) faisait partie de la circonscription de Maisonneuve avant que celle-ci soit renommé Hochelaga-Maisonneuve.
      Il y a bien eu une circonscription Hochelaga avant 1988, mais elle a d’abord représenté l’Est etle Nord de l’île (l’ancien compté de Hochelaga, actuelle circonscription de la Pointe-de-l’île, Honoré-Mercier, Papineau, Rosemont-Petite-Patrie, Outremont, nord de Laurier-Sainte-Marie, Notre-Dame-de-Grâce et LaSalle-Émard-Verdun) avant de ne définir que le nord de l’île.

      ÉDIT: Après vérification auprès de l’Atelier, les frontières entre Hochelaga est Maisonneuve sont plus mouvantes qu’il ne le semble. Un rectificatif sera apposé.

      • jean-françois Plouffe

        Gérard Pelletier a été député de Hochelaga de 1968 à 1972, je pense…

        • Bonjour,

          comme indiqué dans la réponse au précédent commentaire, avant 1988, la circonscription d’Hochelaga ne représentait pas le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve. Elle se situait plutôt au dessus du Plateau, la Petite-Patrie, Outremont et Villeray.

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