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Huit mois depuis les assises sur la gentrification…et toujours rien!

OPINION – Le 7 mai dernier, les assises sur la gentrification ont rassemblé plusieurs politiciens et politiciennes, la SDC de Hochelaga-Maisonneuve et quelques acteurs et actrices du milieu communautaire. Malheureusement, peu de résident.e.s du quartier directement touché.e.s par ce phénomène étaient sur place.

Des chercheurs sont venus nous présenter pour une énième fois la définition de la gentrification et
ses conséquences néfastes pour les personnes à plus faible revenu. Nous nous sommes par la suite
divisé.e.s en petit groupe. L’objectif était de réfléchir à plusieurs pistes de réflexion telles que
l’importance de construire de nouveaux logements sociaux, de faire des réserves de terrains et
d’établir un moratoire sur la conversion de logements locatifs en copropriétés divisées. Des solutions
qui sont revendiquées depuis de nombreuses années par le Comité BAILS et le FRAPRU.

Les politiciens et politiciennes présent.e.s, tant de l’équipe Coderre que de Projet Montréal, affirmaient
qu’il était primordial qu’un tel exercice se conclue par la mise en place d’actions concrètes. Le maire
Réal Ménard a d’ailleurs annoncé, au terme de la journée des assises, la mise en place d’un comité
de suivi afin que ces pistes de réflexion se transforment en mesures et actions concrètes au cours des
prochains mois. De ce comité, à ce jour, nulle trace.

Avec la campagne municipale en vue, nous pensions que Réal Ménard de l’Équipe Coderre ou Projet
Montréal allaient annoncer quelque chose dans les mois qui suivaient. On attend toujours… En
septembre, une conférence de presse de l’arrondissement au sujet des assises est annulée. Du
même souffle, l’arrondissement tente de fermer une maison de chambre bien connue à la veille de
l’hiver, mettant à risque les conditions de vie des locataires y habitant.

Une manifestation en marge des assises sur la gentrification, le 7 mai dernier. Crédit: Simon Mauvieux.

Peut-être que finalement ils n’avaient rien à dire, qu’il n’y avait rien à conclure, que l’on est bel et bien
assis.e dans un train qui est déjà en marche et qui décidément, ne roule pas pour les mal-logé.e.s de
notre quartier. Rappelons que dès le début de l’organisation de ces assises sur la gentrification, le
Comité BAILS s’était retiré du processus. Selon nous, on ne devait plus attendre après des
recherches ou des statistiques sur la gentrification pour quantifier un problème qui affecte
présentement des milliers de personnes. À l’époque, nous n’avions aucune confiance sur la réelle
volonté de l’équipe Ménard à agir concrètement contre ce phénomène.

Qu’on nous détrompe! À ce jour, nous attendons toujours après des actions concrètes. La nouvelle
administration s’en lave bien les mains, c’était une initiative signée Ménard. Notre nouveau maire
d’arrondissement, Pierre Lessard-Blais, est anciennement président de la Société de Développement
Commercial (SDC) et propriétaire d’un commerce en vogue sur la rue Ontario. Son projet phare pour
le quartier: revitaliser les artères commerciales. Et son parti est frileux aussi sur la question du
logement social.

Mis à part une promesse électorale sur la stratégie d’inclusion qui, selon nous, n’est
qu’une manière détournée de faire accepter socialement la gentrification, aucun engagement concret
n’a été proposé en matière de logement social. Le dernier budget de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve
ne contient aucune mention sur le logement social et celui de la Ville ne donne que des miettes. Pour
un parti qui affirmait, lors de la campagne électorale, vouloir lutter contre la gentrification, difficile de
continuer à croire que l’on verra une différence avec l’ancienne administration Coderre.

Un texte du Comité BAILS Hochelaga-Maisonneuve

A propos Collaborateur spécial - Place publique

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La publication d’un texte ne signifie en aucun cas que QuartierHochelaga endosse les propos de son auteur. Soumettez vos textes à info@quartierhochelaga.com avec pour objet «Lettre d'opinion»

Un commentaire

  1. Pierre Langlois

    Que Montréal soit, parmi les grands centres urbains du Canada, la ville la plus égalitaire et la plus abordable ne suffira jamais. Car dans cet univers, protester est une raison d’être.

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