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La Carnivore pourpre : Une pièce d’actualité au Théâtre Denise-Pelletier

La Carnivore pourpre -Photo:  Frédéric Millaire Zouvi
La Carnivore pourpre -Photo: Frédéric Millaire Zouvi

Une pièce d’actualité

C’est en évoquant le frère Marie-Victorin que le théâtre Denise-Pelletier débute sa saison 2013-2014 avec la pièce La Carnivore pourpre. Son auteure, Maryse Pelletier, s’inspire ici de vraies correspondances afin d’imager le Québec religieux de la fin des années 1930.

L’histoire se déroule dans un laboratoire de botanique et raconte une relation amoureuse se développant en secret entre le Frère Edmond et son assistante Jeanne, tous deux atteints de tuberculose.

La pièce évolue dans un décor épuré et intime et est interprétée par des acteurs au jeu vif et expressif. Markita Boies incarne avec brio une solide Mère Marie de la Divinité qui réprouve la relation entre Frère Edmond et Jeanne, respectivement interprétés par Jean Maheux et Tania Kontoyanni.

C’est à travers un savant échange de lettres abordant le thème de la reproduction des plantes que les deux protagonistes en viendront à parler de leur propre anatomie sexuelle. Ils développeront alors une intimité et une complicité faisant fi des normes de l’époque, alors que Mère Marie de la Divinité, soeur de Frère Edmond et agent extérieur, incarne la rigidité des normes religieuses.

Suite à une intervention de sa soeur, Frère Edmond refuse d’être doyen de la nouvelle faculté des sciences de l’Université Laval, ce qui lui aurait pourtant conféré le statut de prêtre. Il dira à Mère Marie de la Divinité qu’il préfère son statut de frère lui permettant plus d’écarts et le soumettant moins à l’autorité des évêques.

La Carnivore pourpre  - Photo: Frédéric Millaire Zouvi
La Carnivore pourpre – Photo: Frédéric Millaire Zouvi

De son côté, Jeanne vit la difficulté d’être une femme célibataire et sans enfants à une époque où son rôle devrait la confiner dans une cuisine et non pas dans l’univers de la Science.

Lors d’une scène poignante, elle raconte le chemin de croix qu’elle subit chaque matin, de l’entrée de l’université au laboratoire de botanique. Le jugement présent dans les yeux du portier ainsi que dans ceux des prêtres et des frères, qui la considèrent comme étant un être inférieur et impur qui n’a pas sa place dans une université. “Dans leur regard, je vois mon peloton d’exécution”, dira-t-elle, acculée au mur, au Frère Edmond.

C’est lorsque celui-ci voudra la retenir de quitter une fois pour toutes le laboratoire  que se développera une relation amoureuse plus claire entre les deux personnages. Il la convaincra finalement de rester afin qu’ils puissent terminer leur herbier sur la flore québécoise. C’est ainsi que débutera leur correspondance épistolaire. La pièce propose ici une réflexion intéressante sur l’intimité qui se développe à travers les passions et les projets communs.

C’est une pièce dans laquelle on ne s’ennuie pas et, bien que le jeu des acteurs soit parfois hésitant, tous trois s’approprient l’espace et insufflent une certaine substance à la pièce.

La pièce inspire également des réflexions intéressantes sur la laïcité et la religion, particulièrement dans le contexte du débat entourant la Charte des valeurs.

La Carnivore pourpre sera présentée du 24 septembre au 28 septembre et du 1er au 5 octobre au théâtre Denise-Pelletier.

A propos Anne-Marie Provost

Anne-Marie Provost
Anne-Marie est journaliste au 24 Heures et chef de pupitre au magazine Trente. Elle a auparavant travaillé comme comme stratège médias sociaux et gestionnaire de communauté, en plus de toucher aux relations de presse. Elle détient un baccalauréat en science-politique de l'Université de Québec à Montréal et un DESS en journalisme de l'Université de Montréal. Elle est passionnée par son quartier et s'intéresse à tout ce que les gens ne savent pas encore.

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