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L’agrile du frêne menace-t-il nos arbres?

Traces de l'agrile (Photo: k-t-s Photography, Flickr, CC)
Traces de l’agrile (Photo: k-t-s Photography, Flickr, CC)

Vous l’avez peut-être déjà remarqué, plusieurs arbres ont été coupés sur nos rues et dans nos parcs. Le responsable? L’agrile, un insecte encore méconnu et qui s’en prend aux frênes exclusivement. Sa larve vit entre l’écorce et le tronc et cause 100 % de mortalité chez les arbres infestés. C’est dans l’optique de « ralentir la progression de l’épidémie » que Sylvain Ouellet, expert du dossier environnement pour Projet Montréal, a réalisé une séance d’information le 23 avril dernier concernant cet insecte qui menace la couverture végétale montréalaise. Une dizaine de citoyens étaient présents. De son côté, Réal Ménard, maire de l’arrondissement et responsable de l’environnement et des grands parcs, a tenu une conférence de presse le 24 avril à l’hôtel de ville sur le sujet. Nous avons sondé les deux parties pour faire le point sur la situation dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Situation actuelle dans l’arrondissement MHM

Environ 200 000 frênes sont recensés sur l’île de Montréal, dont 149 ont été abattus l’an dernier. Dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, 30 % des arbres sont des frênes, soit 6386 au total, dont plus de 300 ont été identifiés comme étant atteints par l’agrile. Selon les statistiques 2013 de la Ville de Montréal pour M-H-M, la présence de l’agrile a été confirmée pour 30 arbres et le total d’abattages à faire était de 301. En date du 17 avril 2014, 264 arbres ont été abattus.

Les arrondissements doivent assumer seuls les coûts liés au traitement des arbres, ce qui inclut le dépistage, les traitements au TreeAzin et la coupe. M. Ménard a confirmé que « 140 000 $ sont actuellement alloués à Mercier–Hochelaga-Maisonneuve pour inoculer les frênes de rue ».

Pour le conseiller de ville à l’opposition officielle, Éric Allan Caldwell, il « reste un plan de match à définir qui devra contenir une stratégie de dépistage, de prévention, de remplacement des arbres et qui implique une stratégie qui n’inclura pas une plantation en monoculture ». Selon lui, « la Ville de Montréal n’alloue pas les ressources pour régler ce problème-là ».

Menace pour la canopée

Le principal enjeu est la menace qui pèse sur la canopée, c’est-à-dire le feuillage des arbres qui nous procure fraîcheur et ombrage et nous préserve des îlots de chaleur. Le « Plan d’action canopée 2012-2021 vise à étendre de 20 % à 25 % le couvert arborescent sur le territoire de l’île de Montréal », selon une étude publique de la Ville. L’indice de canopée pour l’arrondissement est de 13 % à ce jour, ce qui situe Mercier–Hochelaga-Maisonneuve au 26e rang sur 34 pour l’ensemble de l’île, selon les statistiques présentées par Projet Montréal. À la suite de ses recherches, Projet Montréal énonce que « les impacts de l’éradication du frêne sont comparables à ceux d’une grande canicule ». D’après leurs sources, environ 23 000 cas de mortalité répertoriés aux États-Unis seraient liés à des problèmes de santé découlant du non-remplacement des frênes coupés, infestés par l’agrile. Laurence Lavigne Lalonde, conseillère à l’opposition, signale qu’à la Ville de Montréal, « on nous montre difficilement la différence entre les arbres à planter qui étaient déjà prévus et les ressources supplémentaires requises pour les nouveaux arbres ». Selon M. Caldwell, « on sait que le budget prévu à la Ville est insuffisant ». Actuellement, 45 % des ressources arboricoles sont déjà mobilisées pour la gestion de l’agrile. À cet effet, M. Ménard confirme que « près de 1 M$ ont déjà été investis dans l’arrondissement pour planter des arbres » et que « 300 à 500 arbres sont plantés chaque année dans M-H-M ». Un fonds d’urgence serait-il nécessaire, comme le soutient l’opposition officielle?

Le citoyen et le frêne

La réglementation actuelle ne permet pas aux citoyens d’agir directement sur leur environnement, puisque les arbres sont du domaine public, à moins qu’ils ne poussent directement dans leur cour. De plus, aucune subvention n’existe en ce moment pour aider les citoyens à remédier à la situation. Nicole Desormeaux, résidente de Tétreaultville, « trouve ça très inquiétant, très affolant ». Elle a appris, lors de la visite d’un inspecteur, qu’un frêne poussait sur son terrain et elle veut « absolument le sauver ». M. Ménard a affirmé que son équipe « envisage la possibilité de parrainage ». Les citoyens souhaitant s’impliquer pourraient alors financer une partie des frais liés au traitement ou à la coupe. M. Ménard a également assuré que l’arrondissement « procède au dépistage à l’automne, exécute les injections à l’été puis, lorsque requis, effectue l’abattage des arbres à l’automne ».

L'agrile (Photo: Urtica, Flickr CC)
L’agrile (Photo: Urtica, Flickr CC)
L’agrile

Cet insecte mesurant 1 cm à l’âge adulte se reproduit 50 fois par année et n’a aucun prédateur, ce qui lui permet une totale liberté d’action.

  • Il peut voler jusqu’à 2,5 km, ce qui équivaut à la distance qui sépare la station de métro Préfontaine de la station Viau.
  • « Lorsqu’on le voit, il est déjà trop tard, selon Sylvain Ouellet, puisque les dommages sont déjà faits. » Il en coûte environ 1000 $ par arbre pour le traitement.
  • Le frêne traité devra l’être tous les deux ans et peut-être jusqu’à la fin de sa vie; les coûts liés au traitement pourraient équivaloir au coût de son remplacement. (Source : site de la Ville de Montréal)
  • L’agrile est apparu dans Hochelaga-Maisonneuve pour la première fois en 2002, en provenance de l’Asie via le Port de Montréal.

Quoi faire en tant que citoyen?

Identifier, dépister. Pour plus d’information sur l’agrile du frêne, consultez le guide L’agrile du frêne est passé par ici !

  • Signaler. Si vous possédez un téléphone intelligent (Android ou iPhone), téléchargez l’application Branché qui vous permet de repérer tous les arbres géolocalisés sur l’île de Montréal. Si vous croyez qu’un frêne est infesté, vous pouvez le signaler à l’aide de l’application. Sinon, composez le 3-1-1 pour signaler un frêne présentant des signes d’infestation.
  • Sensibiliser. Parlez-en à vos voisins, à vos proches, à votre communauté !

A propos Véronique Morissette

Véronique Morissette
Native de Montréal, Véronique réside Hochelaga-Maisonneuve depuis 1986. Elle travaille au sein d'un organisme communautaire du quartier et elle a une profonde attirance pour la relation d'aide, l'accompagnement des personnes vers leur mieux-être et la communication. La croissance personnelle, la spiritualité et le dépassement de soi font partis de ses intérêts majeurs. Elle pense que le quartier et les gens qui l'habite méritent qu'on valorise leur potentiel et qu'on fasse rayonner leur richesse.

2 Commentiares

  1. Je vous invite à effectuer un peu de recherche par rapport aux coûts associés au traitement, vos informations sont erronées.

    • Jean-Pierre J. Godbout
      Jean-Pierre J. Godbout

      Bonjour,
      Les montants rapportés dans l’article nous ont été transmis par les partis interviewés dans le cadre de ce reportage. Si vous désirez apporter des précisions en lien avec le coût du produit TreeAzin, nous vous invitons à nous faire parvenir vos précisions. Merci.

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