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L’Anticafé, comme chez soi

L’Anticafé Hochelaga-Maisonneuve a célébré, le 23 avril, sa première année d’existence. On a vu défiler toute la journée, par les portes grandes ouvertes, des curieux, des habitués, des gens de tous les âges à la recherche d’un trésor parmi les antiquités à rabais. Retour sur l’implantation d’un commerce antinomique.

« Après avoir lancé l’Anticafé sur Sainte-Catherine, je me suis fait offrir par mes partenaires d’en ouvrir un autre, où je voulais, lance David Chevrier, propriétaire du commerce sur la rue Ontario. J’habite ici depuis 17 ans, je connais bien le quartier, je tenais vraiment à ouvrir ici. »

Ayant été directeur des communications des Promenades Ontario pendant deux ans, David Chevrier savait à quoi s’attendre en ouvrant un second Anticafé, dans Hochelaga, cette fois-ci. Ainsi, peu d’adaptations ont été nécessaires depuis l’ouverture. Une seule, majeure, différencie cette succursale de celle de la Place-des-Arts : le côté « brocante ». « L’autre Anticafé est tellement fréquenté qu’il n’a pas été nécessaire de bonifier le modèle d’affaires. Ici, j’ai environ 60-70 clients par jour, pas tout à fait assez pour que ça soit entièrement viable. On se serait épuisés. C’est pour ça que j’ai eu l’idée de vendre des meubles et d’autres objets », spécifie le propriétaire.

 

Décor en mouvement

S’improvisant un peu antiquaire, David Chevrier a appris sur le tas à trier le bon grain de l’ivraie. « Au début, j’allais beaucoup dans les encans, mais éventuellement il faut diversifier, explique-t-il. Parfois, des particuliers viennent te voir, mais il faut être prudent, sélectionner ce qui va aller dans le Café. »  

Pour que les clients reviennent, un bon roulement d’objets est nécessaire. « Le décor change tout le temps, les meubles partent vraiment vite », confirme Marie-Ève, la seule employée à temps plein de l’entreprise. Comme pour imager le tout, le divan sur lequel nous réalisons l’entrevue indique « vendu ». « Il va partir demain, confirme David. Il va falloir en trouver un pour le remplacer! »

En plus de contribuer au roulement de l’entreprise, c’est la possibilité que les clients s’approprient littéralement l’endroit qui a charmé David Chevrier. « C’est comme rapporter un peu de l’Anticafé chez vous! » Parce qu’au 3989, rue Ontario Est, le but est que le client se sente chez lui, été comme hiver. « C’est collaboratif. Ici, tu enlèves tes bottes, tu mets des pantoufles, tu fais ta vaisselle… comme à la maison », s’enthousiasme-t-il.

Josée Boucher, fidèle cliente, partage cet avis. « Quand j’ai su que ça ouvrait ici, je suis venue avec ma mère la première journée », spécifie celle qui est cette journée-là accompagnée de sa sœur, Caroline, et de la fille de celle-ci, Karina. « Au centre-ville, c’est plus étudiant, estime Caroline Boucher. Ici, on peut faire du bricolage, jaser avec les gens. J’apprécie le côté familial. »

 

Les revers de la popularité

Dans la nuit du 11 février dernier, la vitrine du commerce a été fracassée. Une courte enquête a toutefois permis à David Chevrier de confirmer qu’il s’agissait d’un geste isolé, et non pas d’un mouvement anti-embourgeoisement. « C’est sûr qu’en tant que Café pas cher, on attire de la nouvelle clientèle dans le quartier. L’endroit est apprécié de beaucoup de gens, donc peut-être que certains se sentent menacés par ça. Mais je ne crois pas qu’on soit perçus comme une source d’embourgeoisement, on est seulement assez populaire », conclut David Chevrier.

Il ne remet pas en doute la mission de l’Anticafé, qui attire des gens de toutes les classes sociales. « À l’image du quartier, précise-t-il. Il y a une grande mixité sociale dans Hochelaga. J’ai des clients qui me disent que ça a changé leur vie, l’ouverture du Café, et d’autres qui apprécient simplement l’endroit. »

Pour le moment, l’ouverture d’une autre succursale n’est pas dans les projets de David Chevrier, qui a d’autres marmites sur le feu. Par contre, le modèle d’affaire de l’Anticafé semble avoir inspiré plusieurs entreprises en 2016. « Plusieurs fois, des gens sont venus poser des questions, et je savais que c’était dans le but de reproduire un peu nos idées », confie-t-il sans rancune. L’imitation est bien la plus sincère des flatteries.

Crédit photo: Ericka Muzzo

A propos Ericka Muzzo

Ericka Muzzo
Nouvellement installée à Hochelaga-Maisonneuve, Ericka est étudiante en journalisme à l’Université du Québec à Montréal. Elle se passionne pour ces histoires en apparence banales qui épicent la vie et créent des ponts entre nous, individus à la fois si uniques et pourtant si semblables.

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