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#LaQuestiondelaSemaine: le logement

Durant la campagne électorale provinciale, QuartierHochelaga.com pose «la question de la semaine» (#LQS). Le concept? Une question par semaine aux candidats à la députation provinciale. 5 questions pour 5 thèmes différents. Cette semaine, nous parlons de logements.

Les assises de la gentrification tenues en 2017 semblent avoir été un coup d’épée dans l’eau. Des idées en sont sortis, mais peu de choses ont été faites. Mais le constat est là : les familles pauvres ont de plus en plus de mal à rester dans le quartier, poussée à sa périphérie par des loyers en hausse et des retraits de logements du parc locatif, soit par la transformation des unités en condos, soit par la location privatif de type AirBnB. Quant aux nouvelles constructions, elle visent avant tout des célibataires ou des couples sans enfants, avec un niveau de vie respectable. Si votre parti arrive au pouvoir le 1er octobre, quelles mesurent seront mis de l’avant afin de maintenir une mixité sociale dans Hochelaga?

Parti Québecois – Carole Poirier

Hochelaga-Maisonneuve se transforme depuis plus de 60 ans. Nous avons été un quartier ouvrier au seuil du plein emploi, nous avons vécu la délocalisation des entreprises, le chômage et les difficultés, nous avons vu éclore le milieu communautaire et se développer l’économie sociale, nous avons favorisé les propriétaires occupants, nous avons construit du logement social et notre quartier est maintenant un endroit où la qualité de vie s’est améliorée. Il y a plus d’espaces verts, plus de sécurité, un meilleur éclairage des rues, un vrai filet d’entraide communautaire et un nouveau tissus économique de PME et d’artisans s’installe ici. Personne n’ignore la misère dans Hochelaga-Maisonneuve, notre quartier est celui de l’entraide et de la solidarité. Comme élue, j’ai défendu le droit des personnes à faible revenu d’habiter Hochelaga-Maisonneuve et j’ai travaillé sur plusieurs projets qui ont vu le jour pour donner un droit de la ville à tous et toutes.  Mon travail des dernières années a consisté en ceci:

  1. Appuyer le développement et le financement des organismes communautaires et de travail de rue;
  2. Développer l’économie sociale et encourager les artisans et petits entrepreneurs;
  3. M’impliquer personnellement pour construire le maximum de logements sociaux possible et défendre le rehaussement des enveloppes à Québec;
  4. Défendre et réclamer la réforme de la régie du logement au bénéfice des locataires et des propriétaires;
  5. Faire valoir une image positive d’Hochelaga-Maisonneuve pour lutter contre les préjugés;
  6. M’opposer au vandalisme et promouvoir l’action politique et l’intervention publique pour changer l’impact négatif des hausses des prix et des loyers.

Le rôle des organismes communautaires qui offrent de l’aide aux personnes est essentiel pour notre vie de quartier. Je les soutiens et défends leur financement. J’ai obtenu que soit confirmé le financement à long terme du Pavillon d’éducation communautaire qui accueille chaque semaine plus de 1 000 personnes. J’ai travaillé pour l’ouverture du refuge du CAP St-Barnabé et appuyé sa transition. Je défends chaque année les montants réservés au travail de rue dans Hochelaga-Maisonneuve. J’ai négocié également des centaines de milliers de dollars de budgets discrétionnaires ministériels pour appuyer les organismes et projets sociaux de notre quartier.

Je propose que le financement à la mission des organismes communautaires soit stabilisé et donnée à la mission sur une base pluriannuelle.

Depuis les dernières années  j’ai participé activement à la construction de logements sociaux avec les résultats suivants : Les projets de L’Avenue et de la Shapem sur la rue Ste-Catherine,  la Coop Petits et Grands, les Habitations Coup d’Œil, Dans la rue, l’Îlot Frontenac, Les glaneuses, Méta d’âme, la Tonnellerie et j’en passe. J’ai réclamé des investissements pour l’entretien et la rénovations des unités existantes.  Comme porte-parole en habitation pour l’opposition officielle, j’ai travaillé pour que nous obtenions des sommes importantes en décontamination des sols, pierre angulaire de la construction du logement social à Montréal et que soient mis à jour les normes de constructions.  J’ai défendu, et continue de promouvoir avec le Parti Québécois, la nécessité de réformer la Régie du logement car les délais sont trop longs, les recours difficiles à obtenir et les droits des propriétaires comme des locataires, trop souvent bafoués.

Les assises sur la gentrification ont été un moment important. Elles ont permis d’obtenir un consensus documenté sur l’importance d’actions publiques pour que tous et toutes aient accès à la ville et dans notre cas, à Hochelaga-Maisonneuve. Il est pertinent de relire les recommandations et pistes de solutions.  Les élus des trois paliers de gouvernement du quartier, des commerçants et des organismes communautaires travaillent à mettre en place des solutions retenues lors des assises.

Je me suis également engagé depuis le début de mon mandat à défendre notre quartier contre des visions à l’emporte-pièce de son développement ou de son histoire. Nous ne sommes ni un quartier à la dérive, ni le Plateau Mont-Royal. Hochelaga-Maisonneuve a son âme, son énergie, son style et c’est que que je travaille à valoriser et protéger.

Avec le Parti Québécois, je propose ces mesures qui vont permettre d’endiguer les effets négatifs de la revitalisation d’Hochelaga-Maisonneuve:

  • Mettre sur pied un programme d’appui à l’acquisition d’une propriété ou d’un logement familial pour les familles défavorisées et de la classe moyenne;
  • Soutenir le développement et la rénovation de logements communautaires et sociaux
  • Stimuler la construction de logements pour les familles, en vue de les garder ou de les inciter à revenir vivre près de leur lieu de travail;
  • Instaurer des logements sociaux supervisés pour les malades chroniques et les personnes ayant des problèmes de santé mentale;
  • Soutenir le développement de logements pour personnes âgées, notamment dans les habitations sociales adaptées et les résidences intergénérationnelles;
  • Créer un programme d’appui à l’aménagement d’espaces intergénérationnels permettant aux parents âgés et aux petits-enfants de vivre à proximité;
  • Réformer la régie du logement et promouvoir la mise en place d’une registre des loyers;
  • Soutenir les organismes communautaires par un financement à la mission.

 

Parti Libéral du Québec – Julien Provencher-Proulx

Le Parti libéral du Québec est convaincu que c’est un gouvernement de proximité comme la Ville de Montréal qui possède l’expertise nécessaire afin de gérer de manière optimale cet enjeu. C’est pourquoi lors de notre dernier mandat nous avons signé la déclaration reconnaissant officiellement la ville de Montréal en tant que métropole du Québec ainsi que l’entente-cadre « Réflexe Montréal » sur les engagements du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal pour la reconnaissance du statut particulier de la métropole. Nous avons aussi déposé le projet de loi 121, loi augmentant l’autonomie et les pouvoirs de la Ville de Montréal, métropole du Québec.

En vertu de l’entente-cadre « Réflexe Montréal », le gouvernement du Québec s’est engagé à conclure des ententes sectorielles, dont l’entente en habitation entre la Société d’habitation du Québec, la SHQ, et la Ville de Montréal. Ces différentes ententes accorderont une plus grande flexibilité à la Ville de Montréal dans les domaines de l’habitation, de la lutte contre l’itinérance, de l’immigration, de la culture et du patrimoine, des infrastructures et des équipements scolaires, ainsi qu’en matière de développement économique.

L’entente en habitation prévoit également le transfert à la Ville de Montréal des budgets relatifs au développement de l’habitation sur son territoire, à l’exclusion de ceux du parc d’habitation à loyer modique.

Cette entente, d’une durée de cinq ans, détermine également la part du budget des programmes de la SHQ qui revient à la métropole. La Ville de Montréal déterminera, en fonction de ses priorités, comment seront dépensées les sommes qu’elle recevra dans le cadre de cette entente. Elle partagera le suivi de ses interventions avec la SHQ pour s’assurer que les objectifs que s’est fixés le gouvernement en matière d’habitation seront respectés.

 

Coalition Avenir Québec – Sarah Beaumier

La Coalition Avenir Québec est en faveur de la concertation d’abord et avant tout. Si je suis élue le 1er octobre prochain au sein d’un gouvernement de la CAQ, je m’engage à entamer le dialogue avec les différents organismes de la circonscription, notamment la Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve, et les différents groupes de résidents afin de construire une relation basée sur le respect, l’entraide et la collaboration.

Même si parfois c’est moins évident, le phénomène que certains nomment  « gentrification » et que d’autre appellent « revitalisation » a ses bons et ses moins bons côtés.

Les nouveaux résidents, souvent plus fortunés, amènent avec eux un élan économique indéniable. On se promène alors sur une rue Ontario plus diversifiée en restaurants, en commerces, notamment.

Cet élan profite à l’ambiance du quartier, à son attractivité, à sa vitalité.

En revanche, les familles plus pauvres en sortent bien souvent perdantes, avec tout ce que ça comporte : incertitude, marginalisation, obligation de déménager….et où?

D’où tensions. D’où inquiétudes.

La CAQ est engagée à faire en sorte que tous les Montréalais trouvent leur place. C’est une question d’équité sociale.  C’est pourquoi nous sommes ouverts au dialogue avec la Ville de Montréal pour soutenir la construction de nouveaux logements sociaux notamment.

Il ne faut donc pas céder à la colère, aux divisions.  Si je deviens votre députée, je serai celle qui défendra l’essor du quartier. Je serai celle qui défendra le sort des opprimés.

 

Québec Solidaire – Alexandre Leduc

Depuis plusieurs années, les gens d’Hochelaga-Maisonneuve sont inquiets. Ils et elles voient le prix des loyers augmenter en raison de la spéculation immobilière. Plusieurs personnes qui demeurent dans le quartier depuis longtemps arrivent de plus en plus mal à payer leur loyer. Et d’autres qui ont de jeunes enfants ont du mal à trouver des habitations permettant d’élever leur famille. Malgré les belles paroles, les vieux partis ne font pas grand-chose pour permettre aux citoyennes et citoyens d’Hochelaga-Maisonneuve d’avoir un logement accessible et abordable.

Le quartier est très majoritairement composé de locataires et il est triste de voir que leur situation se détériore. Le pire c’est qu’il n’y a pas d’actions structurantes qui sont mises en place pour les supporter. Montréal a toujours été laissé entre les mains des spéculateurs immobiliers. Ils arrivent dans nos quartiers en en modifiant le visage. Comme les municipalités dépendent de la taxe foncière, elles se font souvent forcer la main pour encourager les projets immobiliers. C’est pourquoi Québec solidaire veut décentraliser certains pouvoirs vers les villes et réviser la fiscalité municipalité pour donner d’autres sources de revenus aux villes. Ce serait une manière très concrète de diminuer l’emprise des spéculateurs immobiliers sur notre quartier.

Plusieurs exemples illustrent l’importance d’investir pour des logements abordables. Une dame qui est venue me rencontrer cette semaine m’expliquait que cela fait plusieurs années qu’elle attend une place dans un logement social. Un autre citoyen me disait qu’il attendait depuis longtemps que des rénovations soient faites dans son bloc. Même chose pour les résidentes et résidents des Tours Frontenac que j’ai rencontrés cette semaine et qui s’inquiètent à raison des rumeurs persistantes sur l’avenir de la Place Frontenac. Nous avons justement donné notre appui au comité de suivi Place Frontenac/Pôle Frontenac dans les dernières semaines. Il faut préserver les logements abordables et les commerces de proximité dans ce coin du quartier. Il faut surtout que les citoyennes et citoyens aient leur mot à dire sur l’avenir de leur quartier !

Pour Québec solidaire, ce qu’il est urgent de faire, c’est d’agir pour freiner la hausse des loyers. Pour y parvenir, nous mettons de l’avant trois grandes propositions.

D’abord, je m’engage à soutenir la construction et le financement adéquat de plus de 1000 nouveaux logements sociaux dans le quartier, notamment des coopératives d’habitation. Il y a d’ailleurs plus de 1000 personnes qui sont actuellement en attente d’une place pour un logement social. Un gouvernement solidaire investirait pour le logement abordable. Nous nous engageons à ajouter 9000 logements sociaux par année partout au Québec à travers le programme Accès Logis.

Ensuite, je veux encourager les démarches pour mettre en place un registre local des baux pour freiner la hausse des prix des loyers. Il existe une initiative en ligne intéressante qui s’appelle monloyer.quebec. Si je suis élu le 1er octobre prochain, je veux m’inspirer de cette initiative pour que de plus en plus de locataires fassent connaître le prix qu’ils paient pour leur loyer. C’est une autre proposition concrète pour agir sur le prix des loyers dans le quartier.

Finalement, un gouvernement solidaire s’engage à intervenir pour mettre de l’ordre dans le développement complètement anarchique des Airbnb de ce monde.

Ce qu’on veut, c’est protéger le parc de logements locatifs, préserver la quiétude de nos quartiers et assurer une équité fiscale avec les petits commerçants du secteur du tourisme, qui font face à une concurrence plus que déloyale. Pour y parvenir, un gouvernement solidaire va limiter à 60 le nombre maximal de jours durant lesquels un occupant peut offrir son logement en location sans se procurer d’attestation de classification. Nous entendons également restreindre la conversion de logements résidentiels en logements Airbnb dans les zones commerciales et obliger les intermédiaires de location en ligne à percevoir des taxes aux occupants afin de les reverser à l’État québécois. Enfin, la « loi Airbnb » que propose Québec solidaire va limiter à une seule le nombre d’attestations de classification pouvant être délivrées par personne physique à Montréal et Québec.

Le droit au logement est une priorité pour nous. Que ce soit dans le quartier ou à l’Assemblée nationale, je m’engage à défendre les besoins des locataires d’Hochelaga-Maisonneuve.

 

A propos Arnaud Stopa

Diplômé d’histoire et de journalisme, un océan sépare le quartier qui l’a adopté en 2013 et ses origines. Surnuméraire au journal le Devoir, (vidéo) journaliste pigiste occasionnel, critique de musique métal à ses heures perdues, il souhaite faire connaître Hochelaga et son évolution actuelle.

Un commentaire

  1. Pierre Langlois

    Question au journaliste: Qu’avez-vous contre les célibataires et les couples sans enfants? Et vous êtes qui vous pour juger les autres?

    Question à Madame Poirier: vous voulez favoriser l’accession à la propriété pour les ménages à faible revenu et pour la classe moyenne? Heu, c’est parce que en général, les gens qui achètent des propriétés dans le quartier (le plus abordable parmi les quartiers centraux de Montréal) font justement partie de la classe moyenne, voire la petite classe moyenne.

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