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L’austérité libérale hante le débat électoral d’Hochelaga-Maisonneuve

Six candidats à l’élection provinciale dans Hochelaga-Maisonneuve ont débattu le 17 septembre dernier au Pavillon d’éducation communautaire dans un débat où planait l’ombre de l’austérité libérale des quatre dernières années.

Christine Dandenault du Parti marxiste-léniniste du Québec, Alexandre Leduc de Québec solidaire (QS), Carole Poirier du Parti québécois (PQ), Mathieu Beaudoin du Parti conservateur du Québec, Éric-Abel Baland du Nouveau Parti démocratique du Québec et Sarah Beaumier de la Coalition Avenir Québec (CAQ) étaient présent lors du débat dominé par les représentants de QS et du PQ, plus à l’aise devant une foule. Les attaques ont principalement été dirigées vers le Parti libéral du Québec, dont le candidat dans le quartier Julien Provencher-Proulx brillait par son absence. 

Service public et lutte contre la pauvreté

Alexandre Leduc de QS a premièrement expliqué qu’il souhaitait sortir de « l’austérité permanente » des 20 dernières années, mise de l’avant autant par le PLQ que le PQ. Celui-ci a affirmé que « la réforme Barrette est un échec sur toute la ligne » et a pointé du doigt la centralisation avec les CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux). Le candidat veut plutôt miser sur le CLSC (Centre local de service communautaire) comme point de chute des nouveaux médecins dans le quartier. Éric-Abel Baland a également souligné que la réforme Barrette était une catastrophe et qu’il fallait mieux répondre aux besoins spécifiques du quartier.

Sarah Beaumier de la CAQ a mentionné la promesse de son parti de pouvoir voir un médecin de famille en moins de 36 heures et d’attendre moins de 90 minutes à l’urgence. Carole Poirier a quant à elle expliqué qu’elle voulait plus d’infirmières spécialisées pour pouvoir ouvrir le CLSC « sept jours par semaine, de neuf à neuf ».

Au sujet de la lutte contre la pauvreté, si tous les partis ont critiqué la loi 70 qui baisse le montant alloué aux assistés sociaux (QS et le PQ ont promis de l’abolir), Mathieu Beaudoin du Parti conservateur du Québec s’est plutôt attiré l’ire générale en déclarant que « si tu veux tuer un homme, paye-le à rien faire ». Il a aussi appelé les organismes communautés à se tourner vers le privé pour trouver du financement.

Au sujet des écoles vétustes, Christine Dandenault du Parti marxiste-léniniste du Québec affirme que le problème est la direction de l’économie. « On a un gouvernement qui priorise d’investir dans les entreprises privées plutôt que dans l’éducation », souligne-t-elle. Carole Poirier a dit qu’elle était « assez fière de l’école Baril, la plus belle école au Québec » et qu’elle s’engageait à rénover l’école Hochelaga fermée depuis 2012. La candidate sortante s’est toutefois attiré les critiques de Sarah Beaumier qui a souligné que « c’est scandaleux qu’on ait découvert l’école Baril et qu’on n’ait pas fait le tour des autres écoles du quartier pour voir s’il n’y avait pas de moisissures ».

Précisons que le PQ et QS se sont montrés ouverts à l’idée d’instaurer un revenu minimum garanti.

Christine Dandenault du Parti marxiste-léniniste du Québec, Alexandre Leduc de Québec solidaire (QS), Carole Poirier du Parti québécois (PQ), Mathieu Beaudoin du Parti conservateur du Québec, Éric-Abel Baland du Nouveau Parti démocratique du Québec et Sarah Beaumier de la Coalition Avenir Québec (CAQ) étaient présent lors du débat

Vivre ensemble et fiscalité

Au sujet du salaire minimum, Carole Poirier s’est engagé à le monter à 15 $ le plus rapidement possible. Alexandre Leduc a toutefois souligné que le PQ visait le salaire minimum pour 2022 tandis que son parti souhaite atteindre ce seuil dès 2019. Sarah Beaumier s’est engagé elle « à monter le salaire minimum de manière progressive au cours des prochaines années pour un ratio acceptable ».

Au sujet de la gentrification, la même petite guerre de chiffres s’est répétée entre le PQ et QS. Alexandre Leduc a expliqué la promesse de son parti de construire 9000 logements sociaux dont 1000 dans Hochelaga, en plus de mettre sur pied un registre des baux. Grâce à ce registre, « tout le monde aurait accès au prix du loyer payé par le locataire précédent ». Carole Poirier a plutôt promis 12 000 logements sociaux dont 500 qui sont en préparation dans le quartier et d’autres à venir. Sarah Beaumier de la CAQ a misé sur un dialogue constant, ce que « Hochelaga-Maisonneuve fait très bien », et elle a soutenu les engagements de Valérie Plante qui souhaite construire 12 000 nouveaux logements sociaux. Mathieu Beaudoin a quant à lui dit que la gentrification n’existait pas.

Pour finir, Alexandre Leduc a souligné les idées qui le distinguent des autres partis : assurance dentaire publique et universelle, fin des subventions aux écoles privées, gratuité scolaire du CPE au doctorat, transport en commun à moitié prix et salaire minimum à 15 $. Carole Poirier a quant à elle vanté son bilan et ses luttes pour l’accessibilité aux soins de santé, notamment le fait que cinq nouveaux médecins travaillent depuis peu dans le quartier. Elle a déclaré qu’elle représentait le vrai « parti des familles ». Sarah Beaumier a expliqué que sa promesse phare est la modernisation de la rue Notre-Dame où elle souhaite construire un tramway est-ouest. « Ça offre une solution de transport en commun qui n’existe pas pour le moment et ça réduit drastiquement toutes les voitures qui partent de Pointe-aux-Trembles et qui passent par chez nous chaque jour ».

Mathieu Beaudoin souligne qu’il est le seul à défendre les libertés individuelles et Christine Dandenault a dit la même chose à propos de la classe ouvrière. Éric-Abel Baland énonce de son côté lui qu’il est le refuge pour les progressistes fédéralistes.

A propos Samuel Lamoureux

Samuel Lamoureux
Journaliste, improvisateur à la retraite, Samuel est un passionné de musique électronique, de littérature et de sociologie. Hochelaga-Maisonneuve l'a toujours fasciné par son pôle contre-culturel à Montréal. Rendez-vous au Pizza Piroz pour une discussion sur l'avenir du quartier.

2 Commentiares

  1. Pierre Langlois

    En s’opposant ainsi au ronron consensuel de la gogauche, Mathieu Beaudoin ne manque pas de cran. Pour ce qui est de la gentrification par exemple, rappelons que c’est un concept néo-marxiste inventé à Londres, une des villes les plus chères et les plus inégalitaires au monde. Les loyers y sont trois fois plus élevés qu’à Montréal qui, soit dit en passant, est le centre urbain la plus abordable en Amérique du Nord pour les locataires.

  2. Merci pour votre couverture du débat, SVP auriez vous l’amabilité de mentionner aussi NPDQ dans la section mots clefs pour être équitable!

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