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Les (futurs) élus d’Hochelaga-Maisonneuve sont tentés par le budget participatif

L’équipe de Projet Montréal qui dirige Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (MHM) depuis quelque mois se dit très intéressée par l’idée d’instaurer un budget participatif dans l’arrondissement. Le candidat de Québec solidaire, Alexandre Leduc, l’est tout autant. Les astres semblent alignés pour la venue d’un budget participatif dans les prochains mois.

Tout d’abord, précisons ce qu’est un budget participatif. Un budget participatif est essentiellement l’idée de redonner aux citoyens le pouvoir de décider eux-mêmes comment sera dépensé l’argent public. Le procédé est assez simple. Les élus d’un territoire réservent un certain montant du budget aux propositions de citoyens. Des appels sont lancés, la population passe au vote et les projets retenus reçoivent les fonds pour leur réalisation. Dans certains cas, les choix de projet peuvent être sélectionnés seulement par les élus.

Au municipal

Lors du dévoilement de la feuille de route 2018 en février dernier où les élus de l’arrondissement MHM ont pris une douzaine d’engagements, le maire Pierre Lessard-Blais a déclaré qu’il était intéressé par l’idée d’un budget participatif. « Un budget participatif, ça fait partie des choses qui nous intéressent. On n’était pas prêt à l’inclure dans nos premiers engagements pour cette année, mais ça fait partie de nos réflexions et de nos intérêts pour l’avenir », explique-t-il.

Plutôt que d’être soumis asymétriquement et unilatéralement, les prochains engagements de l’arrondissement MHM pourraient-ils être soumis à un vote populaire, sur le web par exemple ? Ce scénario n’est pas si éloigné de la réalité. La conseillère de ville du district de Maisonneuve–Longue-Pointe, Laurence Lavigne Lalonde, déclare aussi qu’elle pense depuis un certain moment à l’instauration d’un budget participatif. Celle-ci affirme qu’elle a toujours gardé un œil sur les expériences municipalistes d’Amérique latine. « Le Plateau Mont-Royal a déjà fait quelques expérimentations dans le passé, mais on aimerait vraiment emboiter le pas à quelque chose de plus grand. On pourrait devenir le premier arrondissement de Montréal à créer un budget participatif d’envergure, ça serait génial ! » souligne-t-elle.

Entre 2006 et 2009, le Plateau Mont-Royal avait soumis un certain budget au vote populaire, mais ce budget était souvent décrié comme étant trop petit et insuffisant. Depuis, l’arrondissement a remplacé l’enveloppe par une consultation en ligne.

L’affiche de campagne de lancement du budget participatif à Porto Alegre en 2015

Au provincial

Le très probable représentant de Québec solidaire dans la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve aux prochaines élections provinciales, Alexandre Leduc, est aussi très intéressé par l’idée de créer un budget participatif. En plus d’appuyer la création d’une telle initiative au municipal, celui-ci souhaite, s’il est élu, en créer un avec le budget discrétionnaire réservé aux élus provinciaux.

En effet, chaque année, comme le souligne le site web créé par Gabriel Nadeau-Dubois, candidat pour Québec solidaire dans Gouin, chaque député se voit confier un budget de soutien à l’action bénévole, afin de soutenir les activités ou les projets d’organismes à but non lucratif dans sa circonscription. L’année dernière, le député de Gouin a ainsi soumis 30 000 $ de son budget de député aux votes des citoyens.

Alexandre Leduc aimerait transposer cette initiative dans Hochelaga-Maisonneuve. « J’aimerais reproduire ce qui se fait dans Gouin. Le modèle classique où le bureau du député décide en vase clos les sommes allouées doit cesser », souligne-t-il. S’il avait à choisir ses priorités pour un budget participatif au palier municipal, le syndicaliste choisirait des initiatives qui renforcent l’autonomie alimentaire. « Je mettrais l’accent sur les projets de jardin communautaire. Un des grands problèmes du quartier est le grand nombre de déserts alimentaires. Des espaces verts pourraient ainsi renforcer l’autonomie alimentaire », énonce-t-il.

Le budget participatif a été expérimenté pour la première fois en 1989 dans la ville de Porto Alegre au Brésil. Ce projet donnait aux citoyens le pouvoir de voter sur des projets totalisant jusqu’à 20 % du budget. Depuis ce premier banc d’essai, le budget participatif a été essayé dans des milliers de villes autour du globe, prenant la forme parfois de simples consultations sur les finances publiques ou encore de projets plus radicaux comme des référendums sur des projets citoyens financés par la ville.

Au Québec, la ville de Matane a implanté un budget participatif dans les dernières années. Un premier Budget participatif citoyen a aussi été voté à Rimouski en automne 2017.

A propos Samuel Lamoureux

Samuel Lamoureux
Journaliste, improvisateur à la retraite, Samuel est un passionné de musique électronique, de littérature et de sociologie. Hochelaga-Maisonneuve l'a toujours fasciné par son pôle contre-culturel à Montréal. Rendez-vous au Pizza Piroz pour une discussion sur l'avenir du quartier.

Un commentaire

  1. Pierre Langlois

    Note aux réviseurs:  »ça fait partie des choses qui nous intéresse » se conjugue au pluriel: qui nous intéressent.

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