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Un statut patrimonial protégera le château d’eau des Lofts Moreau

Actuellement en travaux, l’immeuble des Lofts Moreau obtiendra bientôt le statut « d’immeuble significatif » en vue d’en préserver l’intégrité architecturale et, plus spécifiquement, de protéger et mettre en valeur son château d’eau.

L’immeuble, situé au 2021, rue Moreau, a fait les manchettes récemment lorsqu’un avis d’éviction fut envoyé aux locataires occupants. Présentement vacant, il fait l’objet d’importants travaux de rénovation afin de le rendre conforme aux normes de sécurité. À l’initiative de la fonction publique, l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve est intervenu rapidement pour éviter que les lieux ne soient dénaturés.

Le château d'eau des Lofts Moreau
Le château d’eau des Lofts Moreau / Photo : Éric Soucy

Mise en valeur du patrimoine

« L’une des actions énoncées au Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal concerne la mise en valeur des entrées de ville qui préconise en l’occurrence la protection des ponts, des structures et des œuvres d’art. Ce principe peut s’appliquer à l’échelle de l’arrondissement par la reconnaissance du château d’eau de la rue Moreau », affirme Sylvain Decoste, urbaniste responsable du dossier à l’arrondissement. « [Le château d’eau] se trouve tout près de l’une des portes de l’arrondissement. Il apparaît aussi parfois comme figure iconographique », poursuit-il en guise de justification.

Réjean Charbonneau, directeur de l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, salue l’initiative de l’arrondissement. Il compare le château d’eau d’Hochelaga à celui de la Guaranteed Pure Milk au centre-ville, également protégé récemment. « Ce sont des bâtiments rares qui témoignent de notre histoire. Dans le cas d’Hochelaga, il s’agit en plus d’un repère visuel important qu’on retrouve notamment dans des œuvres d’art et des photographies d’époque. Avec le clocher de l’église de la Nativité, ce château d’eau, qui date de 1930, est un des plus anciens repères du quartier. Ça le rend précieux. »

C’est ce qu’affirme également Sylvain Décoste dans son rapport : « Les châteaux d’eau deviennent des figures emblématiques de la période post-industrielle. Ils font partie intégrante du panorama urbain, étant considérés de plus en plus comme un élément du patrimoine industriel à préserver en raison de leur forme parfois originale et leur visibilité », écrit-il en conclusion.

Les rénovations vont bon train

Le château d'eau des Lofts Moreau
Photo : Éric Soucy

Le propriétaire, Vito Papasodaro, affirme que les rénovations de l’immeuble sont bien avancées et qu’il a déjà commencé à conclure des baux de location. Le zonage municipal prévoit que seule la fonction commerciale est admise dans l’immeuble. Ainsi, les nouveaux locataires seront de petites entreprises, principalement du domaine des arts et de la culture, selon les objectifs du propriétaire qui souhaite reproduire le modèle de l’édifice Grover, rue Parthenais.

Au sujet du château d’eau, Vito Papasodaro précise qu’il a envoyé une lettre aux autorités: « Je leur ai écrit que je suis content que ce soit patrimonial, mais c’est eux qui doivent payer pour l’entretien ».

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3 Commentiares

  1. Personne ne parle des actions plus que douteuses de Papassodaro qui louait ses « lofts » à des locataires non commerciaux tandis que la régie du logement s’en lavait les mains.

    Pourquoi avoir attendu aussi longtemps, puisqu’on savait très bien que la majorité de l’édifice était habité par des familles. L’immeuble était décrépit depuis les années 90 comme en témoigne le documentaire: »La maison des rêves ». Alors pourquoi la ville de Montréal a-t-elle attendu plus de 15 ans, voir même plus, avant de forcer le propriétaire à faire les rénovations plus que nécessaires???

    Pour en faire un immeuble patrimonial? J’en doute.

    Ça sent mauvais cette histoire.

    http://fr.andreikhabad.com/index.php?option=com_content&view=article&id=4&Itemid=14

  2. Francois Dagniers

    Ce sujet a été longuement discuté par plusieurs médias l’automne dernier. Par ailleurs, mon article y fait même référence au premier paragraphe.

  3. Intéressant article qui met en lumière un élément du patrimoine très peu documenté, mais très significatif du passé d’Hochelaga, bravo!
    RC

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