7e semaine: les drogues

BANNIERE V11

Durant la campagne électorale fédérale, QuartierHochelaga.com s’associe avec le groupe Facebook Hochelaga MON quartier, pour poser «La question de la semaine» (#LQS). Le concept? Une question par semaine aux candidats de notre circonscription*. 11 questions pour 11 thèmes différents . Vous êtes invités à vous joindre à la discussion qui se tiendra sur le groupe après chaque publication. Cette semaine, nous parlons drogues. 

Vous nous avez très bien rappelé dans la question de la semaine 4 que la prostitution dans le quartier est liée au trafic de drogues. Bien que la consommation de drogues diminue selon les chiffres de Santé Canada, celle du cannabis augmente et se banalise, malgré sa prohibition depuis 1923. De plus, la consommation d’héroïne dans le quartier comporte ses risques, tant pour les consommateurs que pour les résidents de certaines zones du quartier qui peuvent tomber sur des seringues usagées dans les ruelles, par exemple. C’est pourquoi, en juin, la direction de la santé public de Montréal a déposé un dossier à Santé Canada pour ouvrir un site d’injection supervisé dans les locaux de l’association Dopamine, afin de sécuriser — et de désintoxiquer — les consommateurs. Le dossier est toujours en cours d’examen.  

S’il y a bien un sujet qui met tout le monde d’accord dans cette campagne, c’est le soutien des quatre candidats aux sites d’injections supervisées. Tous critiquent la gestion idéologique de ce sujet par le gouvernement conservateur.

Concernant la marijuana, tous sont aussi favorables à une réduction de sa répression. Là où le candidat bloquiste Simon Marchand prône une commission non partisane sur l’éventualité d’une légalisation, la candidate libérale Marwah Rizqy et son homologue verte Anne-Marie Saint-Cerny prône la légalisation au même titre que l’alcool et le tabac. La députée sortante Marjolaine Boutin-Sweet défend, quant à elle, la dépénalisation du chanvre indien.

À vous de juger. 

QUESTION: Quelles seront vos politiques en matière de drogues lorsque vous serez porté au pouvoir?

«Nous proposons une commission trans-partisane pour consulter la population et prendre une décision quant à la question de la légalisation ou non de la marijuana.» Simon Marchand

SIMON MARCHAND
Bloc québécois

Depuis leur arrivée au pouvoir, les conservateurs ont adopté une approche rigide et idéologique face à la justice. Ils ont présenté coup sur coup des projets de loi qui misaient sur l’emprisonnement plutôt que sur la réinsertion et la réhabilitation et des projets de loi qui prévoyaient des peines minimales de prison pour la culture d’un seul plant de marijuana et la possession de petites quantité de marijuana sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue.

Au Bloc québécois, nous misons sur une approche québécoise qui a fait ses preuves, qui priorise la prévention, la réinsertion et la réhabilitation plutôt que la répression en matière de criminalité et cela s’applique également aux drogues.

Nous proposons une commission trans-partisane (à l’image de la commission «Mourir dans la dignité») pour consulter la population et prendre une décision quant à la question de la légalisation ou non de la marijuana. On ne peut accepter qu’un parti décide si – oui ou non – on doit changer la loi. Ça ne doit pas être un calcul partisan ni une décision idéologique, mais une consultation beaucoup plus large qui mènera à un consensus. Le Bloc québécois est le seul parti à proposer une position mesurée à ce niveau.

Finalement, pour atténuer un problème criant dans le quartier, il est primordial d’aller de l’avant avec les centres d’injection supervisée. C’est une demande claire du maire de Montréal et cela fait aussi consensus à l’assemblée nationale du Québec. Ottawa tente d’en faire une affaire de criminalité pour justifier son ingérence alors qu’il s’agit d’un enjeu de santé publique. Il faut que le consensus québécois soit porté clairement et qu’on se fasse entendre. Pour la santé de centaines de toxicomanes et de la sécurité de nos familles, on a tout à gagner à défendre le modèle québécois.

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«Nous croyons que le meilleur moyen est de légaliser, réglementer et taxer la vente de la marijuana aux personnes majeures, comme nous le faisons déjà pour la cigarette et l’alcool.» Marwah Rizqy

MARWAH RIZQY 
Parti libéral du Canada

Notre approche en matière de drogues est fondée sur un désir d’améliorer la santé et la sécurité publiques. Pour ce faire, un gouvernement Trudeau mettra en place un politique globale relative aux drogues fondée sur des données probantes et inspirée des meilleures pratiques ailleurs dans le monde.

L’efficacité des sites d’injection supervisée a été prouvée. Ces sites réduisent les risques de mort et de maladie pour les personnes aux prises avec un problème de dépendance, en plus de diminuer la criminalité. Toutefois, les conservateurs s’y opposent pour des raisons idéologiques et ont pris des mesures pour rendre plus difficile l’ouverture de nouveaux sites. Un gouvernement Trudeau appuiera les démarches pour ouvrir des sites d’injection supervisée ici dans Hochelaga et ailleurs au pays afin de protéger les personnes vulnérables et rendre nos rues et nos parcs plus sécuritaires pour tous.

En ce qui concerne la marijuana, notre objectif est de limiter l’accès aux mineurs et d’éviter que les profits de la vente se retrouvent entre les mains du crime organisé. Pour ce faire, nous croyons que le meilleur moyen est de légaliser, réglementer et taxer la vente de la marijuana aux personnes majeures, comme nous le faisons déjà pour la cigarette et l’alcool. La légalisation, la réglementation et la taxation de la marijuana permettront en outre de libérer des ressources policières et carcérales afin de lutter contre les crimes plus graves. Si nous sommes élus, nous consulterons les provinces et nous nous inspirerons des approches qui fonctionnent le mieux ailleurs dans le monde afin d’aller de l’avant, en gardant toujours en tête notre objectif d’améliorer la santé et la sécurité publiques.

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«La décriminalisation [du cannabis] nous apparaît donc comme la voie à suivre.» Marjolaine Boutin-Sweet
MARJOLAINE BOUTIN-SWEET 
Nouveau Parti démocratique

À l’automne 2011, la Cour suprême du Canada confirmait la légalité du site d’injection supervisée (SIS) de Vancouver, Insite, et reconnaissait que la toxicomanie est une maladie, comme toutes les autres formes de dépendance (le jeu pathologique, par exemple), qui requiert des services d’intervention appropriés.

Depuis, Montréal a manifesté son intention d’implanter un service similaire dans la métropole. Les SIS sont des établissements de santé soumis à des règles strictes, qui assurent un suivi pendant et après l’injection et ne fournissent aucune drogue. Ils renseignent aussi ses patients sur les soins de santé, les accompagnent et les orientent vers différentes ressources ou vers un centre de désintoxication, sur demande.

L’implantation de SIS permettra de sauver des vies, de réduire le nombre de seringues dans nos ruelles et d’éviter que des personnes fortement intoxiquées se retrouvent dans nos rues. J’appuie sans réserve l’implantation d’un SIS dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, qui contribuera à réduire les irritants vécus par les résidents.

Contrairement aux conservateurs, le NPD a une approche constructive et appuie les approches qui ont fait leurs preuves à travers le monde. Du même souffle, nous affirmons depuis longtemps que personne ne mérite d’aller en prison ou de se retrouver avec un casier judiciaire pour possession simple de marijuana. La décriminalisation nous apparaît donc comme la voie à suivre.

Avant d’aller plus loin, nous demandons qu’une étude exhaustive soit menée. Il y a 40 ans, la Commission LeDain a fait un rapport sur l’usage non médical des drogues. Les gouvernements libéraux et conservateurs n’ont absolument rien fait depuis pour mieux comprendre la consommation de marijuana.

ANNE-MARIE SAINT-CERNY
Parti vert du Canada

À Montréal, et un peu partout dans le monde, la cause est entendue: il est indispensable d’avoir des sites d’injection supervisée — dont celui de Dopamine. Rarement a-t-on vu une telle unanimité sur un dossier de santé publique. Tous les intervenants et les autorités publiques soutiennent le projet. Sauf évidemment, le bloqueur du dossier: le gouvernement conservateur. Dès le 20 octobre, avec l’éviction du gouvernement conservateur, il nous faudra donc finaliser ce projet en urgence.

Force est de constater que la criminalisation de la marijuana, pour usage personnel, n’a jamais rien donné d’autre que d’encombrer les cours de justice. Bien que nous reconnaissions que la nature du cannabis d’aujourd’hui, notamment avec des taux de THC en hausse, puisse être préoccupante, nous préférons légaliser son usage et le taxer. Soumis à des lois et règlements, le cannabis pourra être ainsi mieux contrôler et rapportera des revenus finançant des programmes sociaux. 

* Les candidats du BLOC, NPD, PCC, PLC, et PVC sont invités à participer. Au moment de publier, nous n’avons pas pu rejoindre le candidat du Parti conservateur du Canada.

A propos Arnaud Stopa

Diplômé d’histoire et de journalisme, un océan sépare le quartier qui l’a adopté en 2013 et ses origines. Surnuméraire au journal le Devoir, (vidéo) journaliste pigiste occasionnel, critique de musique métal à ses heures perdues, il souhaite faire connaître Hochelaga et son évolution actuelle.

Un commentaire

  1. Très bon article! C’est vrai, les drogues sont actuellement un problème majeur, surtout pour les jeunes. L’influence et la mauvaise fréquentation en sont les principales causes. Il faut faire beaucoup d’efforts pour les mettre hors circuit.

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