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Une machine à catapulter vos rêves

Derrière Catapulte se cachent deux gars et deux filles remplis d’une belle énergie. Ensemble, ils ont lancé leur OBNL dans le but de rassembler les communautés autour de la valorisation d’espaces publics. Et c’est dans Hochelaga qu’ils ont décidé de développer leurs premiers projets.

Par Aurélie Le Caignec

Vous les avez peut-être déjà croisés. Tout dernièrement, les quatre membres de Catapulte ont ardemment travaillé à l’animation des ateliers du Lien Vert dans le cadre de la démarche de Revitalisation urbaine intégrée dans le quartier.

Mais vous auriez tout aussi bien pu les rencontrer sur la place du marché Maisonneuve l’été passé alors qu’ils égayaient l’espace avec leur Disco Salade pour la deuxième édition de 100 en 1 jour. À force d’en entendre parler, QH a voulu en savoir plus sur ces « chargeurs de rêves », comme ils aiment à se qualifier.

Du trois au quatre-épices

C’est dans le cadre universitaire que tout commence pour eux. Carl Verrier, Philippe Cordeau et Valérie Burnet se sont rencontrés en 2011 à la maîtrise en développement du tourisme à l’UQAM. Ces trois-là s’apprécient, discutent abondamment d’aménagement du territoire, de développement culturel, d’action citoyenne.

Ils finissent leurs études avec la certitude qu’ils poursuivront l’aventure en commun. Ils ne savent juste pas encore quelle forme cela prendra. Entretemps, Stéphanie Beaubien, l’amie de Carl, s’ajoute naturellement aux discussions. « C’était l’épice manquante », s’en amuse Carl.

Car dans ce quatuor, chacun y va de son champ de compétences : Carl et l’aspect gestion, Philippe et ses connaissances dans l’aménagement des espaces publics, Valérie et le tourisme culturel et Stéphanie pour ses compétences en médiation des publics.

Catapulte voit donc le jour un après-midi de fin d’hiver chez Philippe et Valérie. « On avait invité nos amis et des voisins pour tester la démarche », raconte Valérie. Au mur était accroché un énorme plan du quartier sur lequel les invités devaient indiquer à l’aide d’étiquettes de couleur des lieux qu’ils aimaient, qu’ils souhaitaient transformer (ou catapulter) ou tout simplement démolir. « Chacun devait argumenter ses actions », précise Stéphanie.

Dans cet espace d’échanges ludique, où la parole de chacun est valorisée, se construit progressivement la pensée Catapulte autour de projets de valorisation d’espaces publics. Deux ou trois semaines plus tard, Catapulte prenait officiellement vie sous la forme d’un OBNL.

QH-Catapulte-Photo

Max est arrivé

Depuis sa création, l’organisme expérimente et apprend. Ça a été le cas lors de la deuxième édition de 100 en 1 jour cet été. Ce jour-là sur la place du marché Maisonneuve, « nous invitions les gens à troquer un rêve contre une salade », décrit Stéphanie. De grandes tables avaient été dressées pour partager quelques plats tandis qu’un énorme capteur de rêves était chargé de récolter les souhaits des résidents sur cette fameuse place de marché.

Et puis « Max est arrivé. Ça a été l’une des belles surprises de cette journée », reprend Stéphanie. De lui, ils ne sauront presque rien, mais son engagement restera longtemps gravé dans la mémoire de Catapulte. Cet habitant du quartier s’est si vite approprié le projet qu’il avait décidé de récolter les rêves de toutes les personnes qui posaient un pied sur la place. Il est resté toute la journée, le sourire jusqu’aux yeux. Quand il les a quittés, il leur a gentiment glissé : « Merci. Je ne me suis jamais senti aussi utile. »

Valérie, Stéphanie, Philippe et Carl ont pris ça comme un encouragement à pousser plus loin leurs démarches, à inciter les citoyens à s’approprier leurs rues, leurs places, leurs parcs et faire entendre leurs rêves auprès des pouvoirs publics.

Catapulte sera donc une passerelle, un facilitateur. « Nous voudrions démontrer qu’il existe une façon de se mobiliser, à peu de coûts, sans forcément devoir passer par une firme de génie ou d’urbanisme », explique Philippe. L’organisme se pose ainsi comme un interlocuteur, capable de mobiliser une communauté, de porter la parole citoyenne tout en comprenant les enjeux liés à l’aménagement d’un espace public.

Un rêve pour Simon (Valois)

C’est avec cette optique en tête qu’ils ont travaillé sur les ateliers du Lien Vert que QH a suivis ici et ici. Et qu’ils ont imaginé « Le rêve à Simon », leur prochain projet. Ce dernier prend la forme d’une promenade à travers les ruelles entre le métro Joliette et la place Valois.

Grâce à une campagne de sociofinancement sur la plateforme de Get2gether, Catapulte a pu amasser plus de 2500 $ afin de démarrer « Le rêve à Simon » au printemps. L’année prochaine, ils seront donc à nouveau sur le terrain, dans la ruelle en arrière de la boulangerie Arhoma, leur catapulte chargée de rêves toujours plus doux.

Prix

Catapulte fait partie des trois finalistes en lice pour remporter la bourse Bienbien d’une valeur de 15 000 $. Les trois projets sont soumis au vote du public jusqu’au 12 décembre. Pour soutenir Catapulte, c’est par ici.

 

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