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Marjolaine Boutin-Sweet veut enrayer la spéculation immobilière

À l’aube des assises sur la gentrification, la députée fédérale d’Hochelaga, Marjolaine Boutin-Sweet, souhaite prévenir le phénomène de la spéculation immobilière à Montréal en implantant plusieurs mesures comme une taxe anti-spéculative, par exemple.

Face au malaise de la population concernant le phénomène de l’embourgeoisement, mais surtout pour dépasser le stade des accusations, la députée d’Hochelaga depuis 2011 a produit une étude nommée Spéculation immobilière : Facteur de gentrification qu’elle présentera aux assises sur la gentrification le 7 mai prochain.

Le pire est à venir

Cette étude présente la spéculation immobilière comme un élément central de la gentrification. Le phénomène fait surtout des dommages dans les villes de Vancouver et de Toronto, tout en s’implantant petit à petit dans la métropole québécoise. « Le but de cette étude est d’aider à transformer le marché immobilier de la revente en un marché immobilier d’habitation », précise Marjolaine Boutin-Sweet.

« La spéculation immobilière est une opération économique sur un bien immobilier qui est motivée par l’augmentation attendue de sa valeur », explique l’étude. Dans un quartier comme Hochelaga-Maisonneuve, le phénomène de la spéculation immobilière se produit lorsque des investisseurs étrangers achètent une propriété, par exemple un condominium, uniquement dans le but de faire augmenter sa valeur et non d’habiter cette propriété.

« Le phénomène est présent dans notre quartier, mais le pire est à venir, explique la députée de Nouveau Parti démocratique. C’est quelque chose qui s’en vient vers l’est, et il faut prévenir avant de se rendre au stade de Vancouver. »

Propositions anti-spéculatives

L’étude contient plusieurs propositions pour transformer le marché immobilier montréalais. Au niveau municipal, les propositions sont de pénaliser les propriétaires de bâtiments ou de terrains vacants ou encore d’introduire une taxe anti-spéculative « avec des principes de base tels qu’une modulation en fonction du prix de la vente, du nombre d’années précédant la mise en revente, du lieu de résidence du propriétaire ou encore de la plus-value qui a été réalisée ».

Au niveau provincial, l’étude propose de créer un registre des baux et de renforcer le contrôle des évictions.

Enfin, au palier fédéral, l’objectif est, entre autres, de limiter les avantages fiscaux à la construction de condominiums et d’investir massivement dans le développement du logement social.

Bien que Marjolaine Boutin-Sweet représente seulement la politique fédérale, celle-ci tentera de discuter de ces propositions à ses collègues des niveaux municipal et provincial lors des assises sur la gentrification qui se dérouleront le 7 mai prochain.

Fiducie foncière

L’une des recommandations phares de l’étude est l’implantation d’une fiducie foncière communautaire dans Hochelaga-Maisonneuve pour « retirer un maximum de terrains et de bâtiments du marché spéculatif et répondre ainsi aux besoins en logements de toute la population ».

Une telle fiducie foncière permettrait d’acheter des terrains du marché immobilier pour les soutirer de la spéculation et les réserver aux logements sociaux. « Avec une fiducie foncière communautaire centrée sur le logement social, il serait possible d’acheter le peu de terrains vides qui restent dans le quartier et de s’assurer qu’ils ne deviennent pas des projets de spéculation immobilière », souligne Marjolaine Boutin-Sweet.

A propos Samuel Lamoureux

Samuel Lamoureux
Journaliste, improvisateur à la retraite, Samuel est un passionné de musique électronique, de littérature et de sociologie. Hochelaga-Maisonneuve l'a toujours fasciné par son pôle contre-culturel à Montréal. Rendez-vous au Pizza Piroz pour une discussion sur l'avenir du quartier.

Un commentaire

  1. Marie France

    Ca semble une bonne initiative.

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