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Le Parc olympique : une richesse pour l’est de Montréal

Le Parc olympique, considéré patrimoine par l’étude commandée par la Régie des installations olympiques et réalisée par Docomomo Québec, doit l’une de ses quatre valeurs patrimoniales à son emplacement dans l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

La valeur urbaine du site réside dans le fait que le Parc olympique a été construit dans l’est de la ville à une époque où la quasi-totalité des services et infrastructures communautaires se retrouvaient dans l’ouest autour de la gare Centrale, permettant ainsi de contrebalancer le développement à Montréal.

Encore aujourd’hui, le Parc, ainsi que ses alentours, est la principale place publique active, sportive et récréative de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Le site attire, chaque année, plus de trois millions de visiteurs dans ce coin de la ville.

Lors du panel suivant la révélation de l’étude patrimoniale le 29 septembre, Serge Bouchard, anthropologue et citoyen de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve depuis des années, a parlé de l’apport du Stade olympique pour les « oubliés de l’est ».

M. Bouchard a d’abord témoigné du laissé-pour-compte de son chez-lui. « L’est, c’est le grand inconnu de Montréal. Tout ce qu’on met là, c’est du gaspillage, sauf si c’est un hôpital psychiatrique, comme Pinel. Tout ce qui est croche, ça va là », a-t-il déploré.

Les Jeux olympiques sont souhaités au parc Maisonneuve depuis 1930, mais c’est Jean Drapeau qui met en lumière l’importance de réaliser le Parc olympique dans l’est afin de réhabiliter ce coin dit « populaire ».

« Ça montre qu’il y avait un problème », a pointé Serge Bouchard. Pour l’anthropologue, le « Big-O » a été reçu comme un cadeau. Fier que le Stade s’élève dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et non au pied du Mont-Royal, il l’a toujours aimé. Plus encore, pour M. Bouchard, le bâtiment olympique est un exemple de grandeur qui transcende l’ordinaire. « Je n’ai jamais vu un chantier comme ça, c’était beau », a-t-il témoigné.

Un futur pour le Parc olympique et le quartier

Selon Serge Bouchard, il faut cesser de voir le Stade à travers des yeux de comptable, car « le stade, c’est plus qu’un milliard de dollars », en référence au coût astronomique de la bâtisse qui a contribué à sa mauvaise réputation. L’anthropologue a souligné l’importance de faire du bâtiment unique au monde une signature pour Montréal. « On n’a pas su le rendre important, symbolique. Faut être empoté! », a lancé M. Bouchard. Afin de remédier à la situation, il a conseillé d’investir dans le quartier afin de mettre le Parc olympique de l’avant.

Nathalie Dion, présidente de l’Ordre des architectes du Québec et participante du panel sur le Stade olympique, remarque, pour sa part, un manque d’harmonie entre le boulevard Pie-IX, ses alentours et le bâtiment. « C’est parfois difficile de conjuguer un quartier avec une grande œuvre », a-t-elle expliqué. Mme Dion pense souhaitable de modifier le Stade afin que son rapport avec la ville soit plus heureux.

La présidente de l’Ordre des architectes du Québec a également salué les rénovations qui auront prochainement lieu sur l’avenue Pierre-De Coubertin, facilitant l’accès au site olympique.

L’étude patrimoniale, qui comporte une centaine de pages, a été réalisée par Doconomo Québec et dirigée par la présidente de l’organisme France Vanlaethem, professeure de l’École de design de l’Université du Québec à Montréal et répond à la demande de la création d’un tel document par le Comité-conseil sur l’avenir du Parc olympique en 2012. Les valeurs historique, architecturale, urbaine et emblématique du Parc et de ses installations ont été mises en lumière dans le cadre de cette étude. À la suite de ces résultats, il est maintenant question de savoir si le Parc olympique sera classé, tel que recommandé, patrimoine.

A propos Daphné Ouimet-Juteau

Daphné Ouimet-Juteau

Un commentaire

  1. Pierre Langlois

    Les disparités historiques entre l’est et l’ouest de Montréal sont évoquées dans cet article fort intéressant. Je me souviens qu’il y a une vingtaine d’années, quand le club de baseball Les Expos commençait à agoniser, beaucoup d’anglophones se plaignaient de ce que le stade se trouvait dans l’est; ma foi on aurait dit que de s’y rendre était une expédition en soi, un peu comme aller dans le Bronx pour les New-Yorkais blancs dans les années 1970. Aujourd’hui, en se promenant dans le quartier, on entend de plus en plus de jeunes anglophones. Une ouverture d’esprit à signaler.

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