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Vélo d’hiver : On ne veut pas le sawoère, on veut le woèèère !

Piste cyclable Notre-DameQuartierHochelaga relaie le texte d’opinion qui suit. Le contenu n’engage que l’auteure de ces lignes, Mathieu Séguin, chroniqueur transports à CIBL 101,5, membre de la Coalition vélo de Montréal et résident d’Hochelaga.

L’appui aux déplacements à vélo dans le discours de la Ville de Montréal est clair. À un citoyen qui lui demandait à la télévision pourquoi les vélos avaient le droit de circuler l’hiver à Montréal, le maire de Montréal a répondu un très clair « Get used to it » ! Montréal est la capitale nord-américaine du vélo, il faut tout simplement s’habituer à voir des cyclistes douze mois par année.

Malgré cette affirmation forte du maire, il y a toujours peu d’infrastructures sécuritaires pour le vélo d’hiver à l’extérieur des quartiers les plus centraux. Par exemple, les deux pistes cyclables parmi les plus achalandées de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, soit celles de la rue Bennett et du boulevard Notre-Dame, ne sont pas entretenues l’hiver. Pourtant, aux premières neiges, les ornières laissées par les cyclistes sont bien visibles sur ces deux liens. La demande est donc là. 

 Même au cœur de l’île, la place du vélo 365 jours par année n’est pas gagnée. Au cours des derniers jours, le sort de l’essentiel lien cyclable Boyer-Brébeuf s’est joué avec, en toile de fond, un mauvais mélange de bataille politique partisane et de tergiversations entre la ville-centre et les arrondissements. La fluidité et la sécurité des déplacements de milliers de Montréalais méritent un plus grand respect que cette mauvaise scène de théâtre.

Il serait pourtant très simple d’assurer l’entretien hivernal de la plupart des liens cyclables ; l’exemple des pistes sur René-Lévesque, Berri ou Rachel le prouve. D’ailleurs, l’hiver dernier, l’Arrondissement du Plateau-Mont-Royal a mené avec succès un projet-pilote de déneigement de de la piste Rachel, là où la piste est séparée de la route par des bollards. Le tout a simplement été réalisé avec une camionnette.

« Build it and they will come »

Chaque jour, à Montréal, en moyenne 116 000 déplacements s’effectuent à vélo, un nombre qui a connu un accroissement de 57 % entre 2008 et 2013. Sur la piste cyclable de Maisonneuve, près de la rue Berri, on peut ainsi compter plus de 10 000 trajets à vélo certaines journées.

Cette croissance est directement liée au développement et à l’entretien du réseau cyclable. L’équation est simple : à chaque nouveau lien cyclable sécuritaire que Montréal met à la disposition de ses citoyens, les cyclistes affluent.

Pensons à la piste sur Saint-Laurent près du boulevard Bellechasse ou aux aménagements devant le métro Laurier. La fréquentation de ces nouveaux liens a considérablement dépassé toutes les projections et des ajustements à leur conception ont dus être apportés. 

Présentement, on estime à 11 % le taux de cyclistes qui font du vélo toute l’année à Montréal. En tant que capitale nord-américaine du vélo, notre ville doit faire mieux. Là où l’entretien hivernal du réseau cyclable est systématique, près de 80 % des cyclistes poursuivent leur route l’hiver.

C’est notamment le cas d’Oulu  en Finlande, où il tombe deux fois plus de neige qu’à Montréal. La clé du succès : près de 98 % de son réseau cyclable est déneigé. Les pistes classées prioritaires sont déblayées avant 7 h le matin, dès que trois centimètres de neige recouvrent le sol.

 Pendant ce temps à Montréal, une partie importante du réseau cyclable ferme boutique pendant quatre mois. Les bollards sont retirés, les voitures se stationnent sur la piste. Tant pis pour les déplacements à vélo. De la même manière,  une grande portion des supports à vélo municipaux sont retirés, dont l’ensemble des espaces situés sur la rue, près des coins, là où il est interdit de garer son véhicule. 

Dans de pareilles conditions, il n’y a rien de surprenant à voir près de 90 % des cyclistes remiser leur monture durant les mois plus froids.

Alors que Montréal sera l’hôte du Congrès international de vélo d’hiver en février 2017, voilà l’occasion rêvée pour notre ville et ses arrondissements de marquer le coup et de suivre le mouvement. Comme le disait Yvon Deschamps, l’adhésion de la ville de Montréal au vélo d’hiver, « on veut pas le sawoère, ON VEUT LE WOÈÈÈRE ! »

A propos Collaborateur spécial - Place publique

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Un commentaire

  1. Il faut continuer à pousser, petit à petit les choses avancent…

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