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Places à l’école alternative de Saint-Nom-de-Jésus

La première école d’Hochelaga-Maisonneuve à offrir un volet alternatif cherche à doubler son nombre d’élèves pour la prochaine année et encourage les parents à faire le saut.

Le projet de classe alternative de l’école Saint-Nom-de-Jésus n’est vieux que de quelques semaines et déjà, ses particularités collaboratives commencent à émerger : implication des parents dans la pédagogie, entraide entre élèves plus vieux et plus jeunes et surtout, la liberté dans le choix des sujets abordés par les petits. Le modèle Freinet prend définitivement son envol dans le quartier.

école alternative SJNDeux classes de dix-huit élèves du primaire sont impliquées cette année. La première s’adresse aux élèves de maternelle et la deuxième combine les étudiants de 1re et 2e année. Dès l’an prochain, le projet sera élargi aux élèves de 3e et 4e année. Les parents intéressés peuvent se rendre à la séance d’information du 28 septembre à 18h30 qui se tiendra dans les locaux temporaires de l’école au 6200, avenue Pierre-De Coubertin (école secondaire Édouard-Montpetit) et la période d’inscription se fera pendant le mois d’octobre.

Implication des parents

Le directeur de l’école Saint-Nom-de-Jésus, Stéphane Lamothe, considère son équipe comme une grande famille ou encore comme une équipe engagée. Celui qui se dit également anti-rang ou anti-cloche est un grand adepte du modèle de Freinet développé au milieu du XXe siècle par le penseur du même nom. « Les parents prennent beaucoup de place dans ce modèle, assure-t-il. S’il y a un parent mécontent, on fait appel à sa participation pour régler le problème. Il est sportif ? Il peut venir donner un atelier de sport. Il est photographe ? Il peut donner un atelier de photo. »

Dans la classe de maternelle, déjà deux parents sont venus faire des activités pour développer la motricité et encore plus d’implication est à venir. « Il n’y a pas de répression ici, tout notre modèle est basé sur le renforcement positif », dit celui qui se bat contre les préjugés entourant les écoles d’Hochelaga-Maisonneuve.

Accent sur la méthode

École alternative SNJLa professeure Annie Gignac qui supervise la classe de 1re et 2e année a commencé son année en laissant aux élèves la liberté de choisir leurs sujets d’étude. Après consultation, ceux-ci ont choisi de se concentrer sur les oiseaux. La classe de maternelle n’a pas encore fait son choix, mais les élèves de celle-ci ont choisi de s’appeler « les dinosaures ». Dans les deux cas, l’objectif est le même : laisser aux élèves le choix du sujet et s’orienter ensuite sur les méthodes d’apprentissage.

« L’important, c’est de leur apprendre à lire, à écrire, à compter, etc. Si le choix du sujet peut les motiver, tant mieux », explique Annie Gignac. Un parent a même apporté un nid d’oiseaux dans la classe cette semaine, raconte-t-elle, pour stimuler la recherche sur le sujet. Le processus implique davantage les élèves et stimule l’entraide et la solidarité, croit-elle.

École pour les grands grands

Du côté de la classe de maternelle, la professeure Isabelle Grégoire assure aussi obtenir une grande participation de la part des parents. En plus des deux pères sportifs énumérés plus haut, la mère du jeune Aeden a promis de venir donner des ateliers de couture et de musique.

« J’ai hâte de voir jusqu’où cette collaboration va aller, lance Isabelle Grégoire. Jusqu’à maintenant, le système porte ses fruits. »

Les petits sont également conscients de la particularité de leur programme. Comme l’explique la petite Alice : l’école alternative « c’est l’école pour les grands grands ».

Rappelons que l’école Saint-Nom-de-Jésus est délocalisée dans les locaux de l’école secondaire Édouard-Montpetit depuis 2012, car ses locaux originaux ont été fermés pour insalubrité. La Commission scolaire de Montréal a prévu rouvrir l’école en 2018.

Photos de Samuel Lamoureux

A propos Samuel Lamoureux

Samuel Lamoureux
Journaliste, improvisateur à la retraite, Samuel est un passionné de musique électronique, de littérature et de sociologie. Hochelaga-Maisonneuve l'a toujours fasciné par son pôle contre-culturel à Montréal. Rendez-vous au Pizza Piroz pour une discussion sur l'avenir du quartier.

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