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Plongée dans l’univers de la bande dessinée

Le mois de mai célèbre les bandes dessinées à travers les bibliothèques de Montréal. Pour souligner l’événement, nous nous sommes tournés vers deux personnes qui côtoient le 9e art au quotidien, pour brosser un portrait de la situation. Entretiens avec Rajae Sayagh, de la bibliothèque Hochelaga, et Jean-Dominic Leduc, copropriétaire de la Librairie Z, spécialisée en bande dessinée.

 

QH : Pourquoi lire de la BD?

RS : On est à une époque où les enfants lisent différemment. Avant, on lisait davantage de gros romans. Maintenant, l’information est rendue rapide et on veut tout savoir rapidement. La BD est de l’info rapide, qui nous permet d’apprendre énormément, dans l’humour, avec des images. Ça accroche.

 

JDL : La BD est un médium qui permet de vivre une expérience que ni le cinéma, ni le théâtre ou la prose ne te font vivre. C’est un médium qui fait travailler, où le lecteur est actif dans son passage d’une case à l’autre. L’auteur Chris Ware, par exemple, joue avec les codes de la BD, ce qu’il fait ne pourrait pas exister sous une autre forme. Il y a quelque chose de mystique, de particulier dans l’arrangement image-prose.

 

QH : À qui s’adresse la BD?

RS : À tout le monde! Moi, par exemple, j’ai appris à aimer la BD en même temps que les enfants, c’est eux qui m’en ont donné le goût. Avant, ça m’énervait. Mais la BD s’adresse à tout le monde, aux enfants comme aux parents. Pour les tout-petits, il y a des livres avec seulement des images, où l’enfant crée son univers. Pour les plus grands, les albums ont toujours une thématique intéressante. Il y a une étude psychologique, sociale ou philosophique dans chaque document.

 

JDL : Le gros défi de la BD, en 2017, c’est de mettre dans la tête des gens que ça ne s’adresse pas seulement à un jeune lectorat. Les révolutions des années 70 ont marqué profondément les sphères culturelles, dont la BD. Et dans les années 80, les auteurs ont développé une BD vraiment plus adulte. Aujourd’hui, l’offre est extrêmement variée. Il y a une BD pour chaque lecteur.

 

QH : Comment choisir une BD qui nous plaise?

JDL : Comme libraire, mon plaisir, c’est de trouver des références culturelles pour conseiller une BD. Ça peut être un spectacle, une exposition, un livre ou un film. Je suis là pour créer un pont entre un ouvrage et le lecteur. Le mieux, c’est quand le client est heureux qu’il revient et en redemande. Il y a toujours autre chose à lire, c’est infini!

 

RS : On veut que les enfants se sentent à l’aise de venir à la bibliothèque et de prendre des BD, de s’installer pour les lire ou les feuilleter ensemble. On laisse les enfants parler, s’approprier l’endroit et se sentir comme chez eux, parce qu’après ça fait des adultes qui aiment lire. Les enfants viennent avec leur classe ou avec les parents. L’amour de la lecture vient souvent des parents, il faut habituer les enfants à lire à un jeune âge.

 

Que ce soit à la bibliothèque Hochelaga ou à la Librairie Z, la BD est à l’honneur et les options ne manquent pas. Les deux établissements partagent cette volonté de communiquer leur passion et de la faire connaître au plus grand nombre. Il n’est jamais trop tard pour plonger dans les albums colorés, et les libraires se feront un plaisir de vous conseiller, quel que soit votre degré de connaissance du 9e art.

Crédit photo: Ericka Muzzo

A propos Ericka Muzzo

Ericka Muzzo

Nouvellement installée à Hochelaga-Maisonneuve, Ericka est étudiante en journalisme à l’Université du Québec à Montréal. Elle se passionne pour ces histoires en apparence banales qui épicent la vie et créent des ponts entre nous, individus à la fois si uniques et pourtant si semblables.

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