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Réal Ménard est prêt pour la neuvième campagne électorale de sa vie

Avant de démarrer sa campagne électorale pour la 9e fois de sa carrière, le maire de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, a fait un retour sur son dernier mandat dans une longue entrevue bilan.

Q : Quel est le projet dont vous êtes le plus fier d’avoir accompli dans les quatre dernières années (le dernier mandat) ?

R : Je suis fier d’avoir trouvé du financement pour le nouveau centre communautaire d’Hochelaga. On va faire des annonces en ce sens très bientôt, mais j’en suis fier car le dossier m’a donné beaucoup de fil à retordre, par exemple les négociations avec la Commission scolaire de Montréal, l’implication de la Ville-centre, etc., mais là le 15 M$ est disponible. Sinon, je suis aussi fier qu’on ait débloqué le 23 millions pour les rénovations de la bibliothèque Maisonneuve.

 

Q : Sur la question de l’environnement et du développement durable, vous promettiez dans nos pages en 2013 « la réalisation de 16 ruelles vertes, l’implantation de la collecte des résidus alimentaires et la réalisation du Quartier vert ». Avez-vous réalisé ces promesses ?

R : Le Quartier vert, ça c’est complètement fait. On l’a inauguré (de Pie-IX à Viau). Sur le point des ruelles vertes, on en fait en moyenne quatre par années, donc je pense que c’est fait aussi. Concernant l’implantation de la collecte des matières résiduelles, c’est en cours. Pour l’ensemble de Montréal, on a atteint 20%. Dans le quartier, on est à 19%. Ce n’est donc pas complété, mais ce ne le sera pas avant 2019. Il ne fait pas oublier que le compostage se fait sur une base volontaire dans le quartier.

 

Q : Est-ce qu’on pourrait voir le Quartier vert se déployer jusqu’à la rue Préfontaine ?

R : L’idée du verdissement et des mesures d’apaisement de la circulation, ça oui on le fait. Mais la logique d’un Quartier vert implique des interventions et du financement. À ce niveau, il faudrait voir si on pourrait recevoir l’appui de la Ville-centre. Le Quartier vert, pour l’instant, se limite à Maisonneuve.

 

Q : Sur la question de la Cité de la logistique de L’Assomption et du Port (CLAP), le dossier a manqué de clarté et d’explication parfois chez les citoyens, est-ce qu’il y a des choses que vous auriez aimé faire autrement ?

R : C’est un dossier complexe. Je le reconnais et je peux très bien comprendre qu’à un certain moment, on y ait perdu son latin. Ce que je trouve triste, c’est qu’on a profité d’un dossier de positionnement stratégique pour l’est de Montréal en le renvoyant rapidement à des enjeux de démocratie. À mon point de vue, ça aurait dû être vécu différemment. La Cité de la logistique, c’est l’idée qu’il y a juste un quartier qui a les atouts stratégiques pour le réaliser, et c’est nous. Ce projet, il va se réaliser. Il va faire partie de mes engagements électoraux. Cependant, le règlement est équilibré et il va nous amener à prendre soin des citoyens. J’ai toujours appuyé le projet de la CLAP, mais on n’est pas dans une économie du 19e siècle; on ne mettra pas des conteneurs dans la cour des gens. Mon administration a adopté un règlement qui est efficace pour la qualité de vie des gens.

[NDLR] : Le reste de l’entrevue relié à la CLAP sera traité plus longuement dans un prochain article.

 

Q : Est-ce que vous êtes conscient que plusieurs personnes déclarent ne pas vouloir voter pour vous car vous voulez aller de l’avant avec ce projet ?

R : Je suis très conscient de ça. Vous savez, il y a aussi une mobilisation en ce moment pour ne pas réaliser l’Assomption Nord. À un moment donné, il faut que les administrations et les élus aient le courage de prendre des décisions. Ce que je ne voudrais pas, c’est qu’on m’accuse de ne pas avoir une position claire. Ma position est claire. Il ne faut pas vivre dans une démocratie de groupes de pression. Et d’ailleurs, il n’y aura pas d’expropriation. Il n’y a pas de résidence à la base, donc il n’y aura pas d’expropriation résidentielle.

 

Q : Les assises sur la gentrification organisées en mai dernier ont fourni 25 propositions pour apaiser l’embourgeoisement dans le quartier. Laquelle de ces recommandations voulez-vous mettre de l’avant ?

R : Je crois que les citoyens devraient avoir une plateforme pour identifier les logements disponibles. Il faut qu’on ait une meilleure compréhension des logements qui sont disponibles sur le marché. Le véritable enjeu, c’est le contrôle des loyers. Ultimement, je souhaiterais un véritable contrôle des loyers avec une instance administrative. Qu’elle serait cette instance ? Je ne suis pas en mesure de le prédire. Ce qui est clair, c’est que 85 % des résidents d’Hochelaga-Maisonneuve ne vivent pas dans un condo. Il n’y a donc pas tant de condos que ça, mais ceux-ci se sont construits rapidement, donnant l’impression qu’il n’y avait que des condos dans le quartier.

 

Q : Voulez-vous suivre la proposition de construire 150 logements communautaires par année pendant cinq ans ?

R : Ça, c’était la proposition de Mme Carole Poirier (la députée du Parti Québécois). Moi, j’étais contre le fait qu’on chiffre un engagement. On va travailler vers l’atteinte de cet objectif-là. La Ville de Montréal va récupérer les pouvoirs en matière de logement, mais est-ce qu’on aura les budgets nous ? C’est à voir vers l’horizon 2018-2019. C’est sûr que construire des logements, contrôler les loyers et donner l’information sur les logements disponibles, pour moi ce sont les choses les plus importantes qui ont été retenues des assises.

 

Q : Êtes-vous pour le fait d’augmenter à 30 % le ratio d’inclusion de logements abordables dans les nouveaux projets immobiliers ?

R : Je ne sais pas si on a le pouvoir de faire ça. Ce n’est pas clair pour moi si ça devrait se faire à la Ville-centre, et ainsi s’appliquer à toute la ville, ou seulement à l’arrondissement. Le marché du condo est en crise en ce moment, il y a un ralentissement. Ce n’est pas nécessairement aidant pour la stratégie d’inclusion.

 

Q : Certains militants, dont ceux qui ont perturbé les assises sur la gentrification, trouvent que vous avez trop de proximité avec les commerçants et la Société de développement commercial d’Hochelaga-Maisonneuve (SDC). Qu’en pensez-vous ?

R : J’assume cette proximité. Je trouve que c’est même souhaitable au niveau municipal. Il y a eu des moments où j’ai même siégé au conseil d’administration de la SDC. Ce n’est pas des multinationales, ce sont des gens qui travaillent 12 heures par jour avec une très faible marge bénéficiaire. Si on me reproche d’être près d’eux, répandez la nouvelle ! Je suis fier d’être proche de ces gens-là. Mon travail de maire, c’est d’encourager le commerce au détail.

 

Q : Quels seront les grands projets d’urbanisme lors de votre possible prochain mandat ?

R : Il y a définitivement la Cité de la logistique, on en a parlé, en plus de l’Assomption Nord, qui va être un gros chantier. Il y a bien sûr, et c’est un scoop, le réaménagement de l’avenue Pierre-de-Coubertin. On a un très beau projet qui est sur la table.

[NDLR] : Le réaménagement de Pierre-de-Coubertin sera détaillé dans un prochain article.

 

Q : Si vous êtes réélu maire le 5 novembre, mais que Projet Montréal fait élire trois conseillers, autrement dit, si vous vous retrouvez en position minoritaire à l’arrondissement, allez-vous faire votre mandat quand même ?

R : Je vais respecter la décision des gens. J’ai essayé d’avoir la meilleure relation possible avec les gens de Projet Montréal. Ils ont eu accès à toute l’information et à un attaché politique. Si je suis minoritaire, je vais faire mon mandat au complet, c’est certain. Mais d’ici là, je vais travailler pour faire élire cinq personnes de l’Équipe Denis Coderre.

A propos Samuel Lamoureux

Samuel Lamoureux
Journaliste, improvisateur à la retraite, Samuel est un passionné de musique électronique, de littérature et de sociologie. Hochelaga-Maisonneuve l'a toujours fasciné par son pôle contre-culturel à Montréal. Rendez-vous au Pizza Piroz pour une discussion sur l'avenir du quartier.

Un commentaire

  1. Pierre Langlois

    La population de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve se situe à 136 024 résidents selon les chiffres du recensement 2016. Or, dans le cadre de cette entrevue (où l’espace est forcément compté) le journaliste trouve important de faire écho aux préoccupations de la petite bande d’huluberlus qui ont causé du grabuge pendant les assises sur la gentrification. C’est tout un sens des priorités! Et que dire de ce pauvre maire qui doit presque s’excuser parce qu’il y a de l’activité économique dans l’arrondissement. Décidément, c’est le monde à l’envers ici!

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