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Retour de la mobilisation citoyenne pour sauver l’école Hochelaga

D’ici cinq ans, 225 élèves viendront s’ajouter dans les écoles primaires d’Hochelaga-Maisonneuve, ce qui engendrera manifestement une situation de débordement. Pour pallier le problème, une mobilisation citoyenne et politique reprend pour réhabiliter l’école Hochelaga fermée depuis 2012.

L’école Baril, située au coin des rues Adam et de Chambly, a été fermée six ans pour des problèmes de qualité de l’air entre 2011 et 2017. Depuis le début de l’année scolaire, celle-ci accueille environ 340 élèves dans un établissement tout neuf.

Le problème est que l’école située tout près de la cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve et de la Fondation du Dr Julien est déjà près de sa capacité maximale qui est de 350 élèves. Selon les estimations, il y aura un excédent d’élèves d’ici cinq ans.

« Dans plusieurs quartiers, ça déborde; chez nous, ce n’est pas le cas encore. Baril ne déborde pas, mais elle est presque à pleine capacité », dit la commissaire scolaire d’Hochelaga-Maisonneuve, Diane Beaudet.

D’ici cinq ans, pour l’année scolaire 2022-2023 précisément, les chiffres du ministère de l’Éducation prédisent une augmentation de 225 élèves de plus dans le quartier. La commissaire scolaire souligne toutefois que cette estimation est conservatrice, car elle ne prend pas en compte l’immigration.

« En ce moment nous ne sommes pas un quartier qui reçoit beaucoup d’immigrants, mais Mercier n’a plus de place, Rosemont et le Centre-Sud non plus. À un moment donné, ça risque de déborder chez nous et c’est pour ça qu’il faut prévoir le coup », affirme Diane Beaudet.

Sauver l’école Hochelaga

Une des solutions les plus pratiques pour remédier au futur problème de débordement du nombre d’élèves dans le quartier serait de restaurer l’école Hochelaga qui est fermée depuis 2012 pour des problèmes de qualité de l’air. Il s’agit de la solution numéro un pour Diane Beaudet. « Il faut qu’on ait accès rapidement à la nouvelle école Hochelaga », dit-elle.

La représentante d’Hochelaga-Maisonneuve à l’Assemblée nationale, Carole Poirier, est du même avis. Celle-ci pense que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et le gouvernement du Québec devraient considérer la réhabilitation de l’école Hochelaga comme une priorité.

« Il faut rassembler parents et partenaires sur un projet mobilisant qui vise à nous redonner une école Hochelaga, mais sans nécessairement en prédire le format. Est-ce qu’elle sera plus petite ? Est-ce qu’elle sera démolie ou rénovée ? Il s’agit d’un autre chantier pour moi. L’important c’est de faire admettre qu’on a besoin de rouvrir une école sur le site de l’école Hochelaga » explique-t-elle.

La députée du Parti québécois souligne que l’ouverture de l’école Hochelaga pourra coïncider avec l’instauration d’un « pôle éducatif, communautaire, sportif et culturel », étant donné que le centre communautaire Hochelaga est aussi censé être construit un peu plus haut, dans le parc Hochelaga. Celle-ci souligne qu’il faudrait intégrer le développement des deux projets, autant le centre communautaire que l’école Hochelaga.

Une pétition a d’ailleurs été déposée à ce sujet aujourd’hui sur le site de l’Assemblée nationale du Québec. Celle-ci demande la réhabilitation de l’école Hochelaga. Toutefois, la demande officielle auprès du gouvernement du Québec ne pourra être faite que dans un an, les commissions scolaires ne pouvant envoyer leur demande qu’une fois par année. Considérant que la rénovation de l’école Baril a pris six ans, il se pourrait que l’école Hochelaga ne soit pas prête à temps. Carole Poirier a toutefois confiance dans le projet si les dirigeants en fassent vraiment leur priorité.

« On demande à la CSDM et au gouvernement du Québec de prioriser et de recevoir le projet et on demande de réviser les normes gouvernementales concernant les effectifs scolaires. On ne pense pas à long terme. Les prévisions gouvernementales sont fausses à 50 % du temps. Il faut changer les choses » affirme Carole Poirier.

Préfabriqués

Si l’école Hochelaga n’est pas prête à temps pour l’année scolaire 2022-2023, la CSDM devra se rabattre sur son plan B : construire des préfabriqués (des unités modulaires) dans la cour arrière de l’école. Ce scénario ne relève pas de la science-fiction, plusieurs commissions scolaires, comme Marguerite-Bourgeoys (CSMB) qui représentent des établissements situés dans l’ouest de l’île, ont déjà recours à des unités modulaires.

« Ça fait partie des options, soit des préfabriqués dans certaines cours d’école ou bien qu’on voyage nos élèves, souligne Diane Beaudet. Certains autres quartiers ont des roulottes, des unités modulaires, sauf que s’il ne se passe rien, ça va venir ici. » Toutefois, cette solution n’est vraiment pas idéale pour la commissaire scolaire d’Hochelaga-Maisonneuve. Carole Poirier abonde dans le même sens : « On n’ira pas masquer la cour de l’école Baril avec des préfabriqués, c’est totalement inadmissible », affirme-t-elle.

A propos Samuel Lamoureux

Samuel Lamoureux
Journaliste, improvisateur à la retraite, Samuel est un passionné de musique électronique, de littérature et de sociologie. Hochelaga-Maisonneuve l'a toujours fasciné par son pôle contre-culturel à Montréal. Rendez-vous au Pizza Piroz pour une discussion sur l'avenir du quartier.

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