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Le rôle social et communautaire de l’École Baril

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La Goutte de lait d’Hochelaga à l’école Baril, fin des années 1940 – début des années 1950; source: Archives de la Congrégation des Frères de Sainte-Croix

 

QuartierHochelaga.com a déjà publié, en octobre 2013, un très intéressant article sur l’histoire de l’École Baril sous la plume de Christelle Lavoie (1). Notre objectif aujourd’hui est d’attirer votre attention sur le rôle social et communautaire de l’école tout au long de son histoire.

Dès sa fondation en 1912, la Caisse populaire d’Hochelaga aura un local à l’école. La situation durera jusqu’à ce que la Caisse puisse s’établir au 3637, rue Adam, à partir de 1924. Dans le même ordre d’idées, l’école sert également dès 1912 de local à la Caisse d’économie scolaire : les dépôts sont effectués à la Banque internationale du Canada, succursale d’Hochelaga.

À la même époque, il est de notoriété publique que les ouvrières des usines sont peu éduquées car elles doivent abandonner tôt l’école pour pouvoir subvenir aux besoins de la famille. L’Association professionnelle des employées de manufactures organise des cours du soir à l’école Baril pour les jeunes employées : art culinaire, coupe et couture, broderie, mode, solfège, langues française et anglaise.

Sur le plan de la santé, l’école Baril joue un rôle important. En août 1919, on prévient les parents que la vaccination des enfants est obligatoire pour l’admission à l’école. Des sessions de vaccination auront lieu dans l’établissement. Pendant les années 1940, l’école hébergera également La Goutte de lait, dispensaire destiné à fournir du lait pasteurisé aux enfants et des conseils aux mères qui élèvent de jeunes enfants. La mortalité infantile est alors très importante dans le quartier.

Même si la ville d’Hochelaga est annexée en 1883, la Commission scolaire d’Hochelaga existera jusqu’en 1917. Dès la fondation de l’école Baril, le bureau de la Commission scolaire est installé dans l’école. Plus tard, le District est de la CÉCM (Commission des écoles catholiques de Montréal) installe aussi ses bureaux à Baril.

Durant les premières décennies de son existence, des salles de l’école sont prêtées pour des assemblées politiques. Le Comité de l’est de la Société Saint-Jean-Baptiste est particulièrement présent à l’école. Plus tard, la L.O.C. (Ligue ouvrière catholique) y tiendra de fréquentes assemblées.

Sur le plan municipal, le conseiller, puis maire de Montréal, Adhémar Raynault, utilise l’école Baril comme lieu de réunion dans Hochelaga, de même que le Marché Maisonneuve dans Maisonneuve. D’autres conseillers du quartier, tels Edmond Hamelin et A.A. Desroches, s’en serviront également. Le député ouvrier de Maisonneuve, William Tremblay, devenu ministre du Travail en 1936 durant le premier mandat de Maurice Duplessis, haranguera les foules dans cette école lors de ses campagnes électorales.

Non seulement les politiciens, mais aussi les syndicats, louent des salles à l’école Baril. Le plus présent est le Syndicat du Textile (section Hochelaga) à cause de la présence à proximité de l’ancienne Filature Hudon, devenue la Dominion Textile, angle Dézéry et Notre-Dame.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement canadien décide de rationner des produits comme le sucre, le beurre, l’huile et l’essence. L’école servira de centre de distribution des carnets de rationnement.

La paroisse Très-Saint-Rédempteur, fondée en 1913, n’a pas d’église avant 1923. Les messes sont alors célébrées à l’école Baril. Les prêtres de la paroisse utilisent l’école pour les cours de préparation au mariage. Soulignons également la participation des élèves de l’école à la messe de minuit de Très-Saint-Rédempteur à la fin des années 1930.

À partir des années 1970, on trouve de fréquentes mentions dans les Nouvelles de l’Est des activités présentées par les Loisirs Très-Saint-Rédempteur à l’école.

Souhaitons que lors de sa réouverture, prévue pour septembre 2017, la nouvelle école Baril continuera de jouer un rôle aussi important que lors des cent premières années de son existence.

Notes

 

Le mois prochain, nous soulignerons le courage de Sarah Maxwell qui, en 1907, donna sa vie pour tenter de sauver les enfants de l’école protestante d’Hochelaga, rue Préfontaine.

A propos André Cousineau

André Cousineau
André Cousineau a participé à la rédaction de plusieurs brochures sur l'histoire du quartier. Il est maintenant responsable du site de l'Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (https://ahmhm.wordpress.com). Cet organisme, qui existe depuis 1978, s'est donné comme mandat de protéger le patrimoine de l'arrondissement et de diffuser, par tous les moyens possibles, l'histoire urbaine de ce quartier.

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