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Les ruelles vertes : se réapproprier le béton

Les ruelles vertes, reprise de l’asphalte par les riverains, aidés d’un partenaire tels un écoquartier ou un arrondissement, sont moins populaires dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve que chez son voisin, Rosemont – La-Petite-Patrie. À l’aide de témoignages provenant des deux arrondissements, nous avons comparé les raisons qui motivent les citoyens à se lancer dans un tel projet et surtout les difficultés auxquels ils se heurtent en chemin. Premier article d’une série de trois. 

« On a cette impression que les ruelles dans Hochelaga, c’est quelque chose de « rough », de négatif », explique Virginie Landry, cofondatrice d’une ruelle verte dans le quadrilatère de Sainte-Catherine, Vimont, Adam et Ville-Marie dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Pour elle, la vapeur peut être inversée grâce aux projets de verdissement des ruelles; fini la mauvaise réputation, ces lieux deviennent chaleureux et vivants.

Dans la dernière année, Virginie Landry et un voisin ont agrémenté l’allée de leur quadrilatère de sept bacs de recyclage, de quatre murales, de fleurs quatre saisons, de jeux et d’un croque-livres.

La ruelle d’Annie Letendre, dans le quadrilatère Parthenais, des Érables, Laurier et Masson dans Rosemont–La Petite-Patrie, présente, pour sa part, un tronçon champêtre, un jeu d’échecs, de baggamon, de quatre coins et une marelle. Des coffres trônent dans l’allée, même si les jouets des jeunes n’y sont pas souvent rangés.

« On n’a pas le droit de mettre des cônes ou de dessiner des lignes blanches sur le sol pour contrôler le passage des automobiles, on dit donc aux enfants de laisser traîner leurs affaires », explique en rigolant Mme Letendre. Des petits escargots peints parsèment aussi le sol de l’endroit, question d’inciter les automobilistes à ralentir.

Le tout est surplombé de murales réalisées à l’aide de peinture non toxique d’intérieur. Pas tout à fait satisfaite, Annie Letendre projette l’ajout de bacs de récupération d’eau de pluie et d’une boîte à livre comme celle de Virginie Landry.

Si ces aménagements semblent plutôt simples, un an et demi est nécessaire en moyenne pour parvenir à un tel résultat. Simon Racine,  directeur et fondateur de Vrac environnement, un groupe d’action et de recherche en développement durable qui promouvoit et soutient les initiatives vertes, conseille aux riverains qui souhaitent réaliser une ruelle verte de consulter un éco-quartier, leur arrondissement ou d’autres partenaires d’aide au tout début de leur projet.

Selon lui, l’idéal est de se présenter autour du mois du juin avec un comité citoyens formé de trois à cinq personnes déjà mis sur pied et avec une idée claire et précise de la ruelle désirée. La planification se fait ainsi jusqu’à l’été qui suit. Il est ensuite facile de réaliser concrètement le verdissement et l’animation de l’allée.

« Si la ruelle fonctionne, c’est comme un jeu de dominos : les gens refont leur clôture, plantent des arbres dans leur cour. Il y a moins de déménagements, on remarque une plus grande stabilité dans le quartier », analyse Simon Racine.

Ruelle verte Lafontaine. Crédit photo: Julien Lebreton / http://julienlebreton.com/ruelles/

Fêtes de rue

« C’est très cool, je connais tous mes voisins par leur nom », s’enthousiasme Virginie Landry en soulignant que ce n’était pas le cas avant l’implantation d’une ruelle verte près de chez elle. Sans être ses « BFF », ils ont dépassé le titre de « voisins de balcon », ceux qu’on aperçoit les beaux jours d’été, mais dont on ne sait rien.

Vantant la belle ambiance de son petit coin, elle explique que des événements sporadiques ont lieu dans la ruelle du quadrilatère de Sainte-Catherine, Vimont, Adam et Ville-Marie. Le plus notable a été la fête d’ouverture de la ruelle verte flambant neuve.

« On avait des hot-dogs pour tous et notre voisine graphiste qui s’est occupée des murales a maquillé les enfants », se souvient Mme Landry.

La ruelle d’Annie Letendre est particulièrement gaie. Étudiants de l’École des métiers de la construction, usagers à mobilité réduite du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau et enfants de garderies des alentours viennent fréquemment profiter des installations et de la beauté de l’endroit.

« Tout le monde est bienvenu ! », assure Mme Letendre.

Elle expose avec plaisir le quotidien des voisins du quadrilatère Parthenais, des Érables, Laurier et Masson riche en événements. C’est important pour le voisinage de tisser des liens et soupers, soirée cinéma et activités sportives sont au rendez-vous.

« On joue au polo, au ballon-balai et à  » kick » la canne, adultes et enfants ensemble, été comme hiver. L’hiver, on peut se jeter partout sans avoir mal », apprécie Annie Letendre.

Depuis l’année passée, leur ruelle ainsi  que celle d’à côté distribuent des bonbons d’Halloween. Le voisinage a aussi parfois droit à du chocolat chaud agrémenté de Baileys, pour les adultes.

A propos Daphné Ouimet-Juteau

Daphné Ouimet-Juteau

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