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Les ruelles vertes : un travail d’envergure pour les citoyens

Les ruelles vertes, reprise de l’asphalte par les riverains, aidés d’un partenaire tels un écoquartier ou un arrondissement, sont moins populaires dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve que chez son voisin, Rosemont – La-Petite-Patrie. À l’aide de témoignages provenant des deux arrondissements, nous avons comparé les raisons qui motivent les citoyens à se lancer dans un tel projet et surtout les difficultés auxquels ils se heurtent en chemin. Dernier article d’une série de trois. 

La ruelle verte dont s’occupe Virginie Landry, situé dans le quadrilatère Sainte-Catherine, Vimont, Adam et Ville-Marie dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, a longtemps été portée exclusivement par elle et un voisin, maintenant déménagé.

«C’était lui le « leader », c’est lui qui a eu l’idée et qui s’est occupé de se renseigner et d’amorcer les démarches auprès de la Ville et de l’éco-quartier», explique Mme Landry.

Si elle retient une leçon de l’expérience qu’est la création d’une ruelle verte, c’est que l’union fait la force. Virginie Landry témoigne qu’à deux, l’épuisement et le découragement font vite leur chemin.

«J’aurais vraiment aimé qu’on soit plus, ça prend une équipe, il faut pouvoir déléguer les tâches», expose-t-elle.

L’établissement de telles ruelles n’est pas une mince affaire, environ une année est nécessaire à l’aboutissement du projet. Virginie Landry affirme que l’aménagement s’est terminé dans ce laps de temps seulement parce qu’elle y travaillait chaque semaine.

Aujourd’hui, le voisinage est plus aidant et tout le monde, soit une quinzaine de riverains, sortent de temps en temps afin de réaliser les tâches d’entretien de l’endroit.

Annie Letendre, cofondatrice d’une ruelle verte géante entre les rues des Érables, Parthenais, Laurier et Masson dans Rosemont–La Petite-Patrie, fait écho à Virginie Landry quant aux difficultés rencontrées dans le cadre du projet de verdissement d’une ruelle.

Aidée de quatre voisins et du guide de l’arrondissement sur les aménagements verts, elle s’est lancée, il y a 4 ans, dans la création d’une ruelle verte et d’un tronçon champêtre. S’il faut 50% du voisinage en accord avec le projet pour commencer sa ruelle verte, 100% est nécessaire pour aménager un tronçon champêtre.

«Convaincre les gens a été difficile. Je n’ai pas beaucoup aidé, je suis maman monoparentale, c’était dur pour moi de faire participer ma préadolescente au porte-à-porte», expose Mme Letendre.

La mère de famille s’est reprise et sa fille s’est, entre autres, impliquée avec elle dans la création des murales. L’avantage d’être plusieurs a permis à chacun de participer lorsqu’il était disponible.

Annie Letendre a, elle aussi, remarqué une hausse de la participation du voisinage, environ 50 résidents et leurs enfants, une fois la ruelle verte implantée.

«C’est mieux, mais il a fallu que je dise que je n’en pouvais plus de faire les choses seule à plusieurs reprises et de plusieurs façons sinon ça ne marchait pas», souligne Mme Letendre.

Crédit photo: Julien Lebreton / http://julienlebreton.com/ruelles/

De l’aide limitée

Le directeur et fondateur de Vrac environnement, groupe d’action et de recherche en développement durable qui promeut et soutient les initiatives vertes, Simon Racine, avertit les citoyens que le projet d’aménagement de ruelles vertes n’est pas «une partie de plaisir». Être convaincu et persévérant est nécessaire à la tâche, croit M. Racine.

«Il faut comprendre qu’il y a des restrictions aux projets qu’on peut faire. Les ruelles sont des terrains publics, il y a des réglementations, ça nécessite des permis, sans compter que le budget alloué par la Ville n’est pas toujours aussi élevé que l’auraient souhaité les citoyens», spécifie-t-il.

Si les promoteurs de ruelles vertes tels que Vrac environnement et les éco-quartiers font des évaluations budgétaires, des analyses quant à la condition d’une ruelle, des plans, de la recherche et des propositions, le reste est entre les mains des résidents.

«On n’a pas l’idée de départ et on ne fait pas le travail sur le terrain, ce n’est pas nous qui habitons là», rappelle Simon Racine.

Il estime que les riverains réalisent 60%  de l’ensemble du projet, mais insiste sur le fait que c’est un engagement à long terme. M. Racine rapporte que la plupart des idées sont réalisées de A à Z. Peu de gens abandonnent en cours de route et sur les 42 propositions de ruelles vertes que Vrac environnement a reçues cette année, 36 ont vu le jour. Il explique les projets avortés le sont en raison du découragement ou de la réticence du voisinage.

A propos Daphné Ouimet-Juteau

Daphné Ouimet-Juteau

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