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Sarah Beaumier se lance avec la CAQ dans Hochelaga-Maisonneuve

La stratège marketing Sarah Beaumier a décidé de faire le saut en politique avec l’équipe de la Coalition Avenir Québec (CAQ) dans la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve. Rencontre avec la femme de 38 ans qui veut notamment défaire les préjugés envers son parti.  

Propos recueillis par Thomas Laberge

Thomas Laberge : Pourquoi avoir choisi de vous lancer en politique avec la CAQ ?

Sarah Beaumier : La CAQ, c’est le meilleur mélange entre bons gestionnaires et bonnes idées. C’est ça la force du parti. Je crois qu’il faut cesser de faire de la politique au Québec en fonction de l’axe souverainiste-fédéraliste. La question de l’indépendance est dépassée. Le véritable enjeu, c’est de savoir comment on dépense l’argent pour que les gens soient heureux, prospères et qu’ils puissent réaliser leurs rêves, et c’est ce que la CAQ propose.

TL : Comment la CAQ pourra-t-elle séduire les électeurs d’Hochelaga-Maisonneuve ?

SB : On sait que dans le quartier il y a beaucoup de jeunes familles. Malheureusement, plusieurs d’entre elles n’ont pas accès aux services des centres de la petite enfance (CPE) en raison de leur horaire atypique. Par exemple, mon chum travaille de nuit, il ne peut donc pas aller chercher les filles à la garderie. Ce que la CAQ veut faire c’est de s’asseoir avec les CPE afin de voir comment ils peuvent offrir des horaires plus flexibles. Je crois que cette mesure peut vraiment être bénéfique pour les familles et c’est ce que je vais tenter d’expliquer.  

TL : On le sait, dans Hochelaga, l’accès aux services de santé est un problème sérieux. Concrètement, que proposez-vous pour améliorer la situation ?

SB : Il faut augmenter le nombre de médecins de famille dans le quartier. Actuellement, les médecins sont payés à l’acte, ce qui les incite à passer peu de temps avec leurs patients. Ce mode de rémunération les décourage de venir pratiquer dans Hochelaga puisque plusieurs problématiques que l’on retrouve dans le quartier – maladies chroniques et mentales, vieillissement de la population, etc. – demandent beaucoup de temps avec les patients. La CAQ propose de revoir la rémunération des médecins afin de les inciter notamment à venir exercer dans le quartier.

 

Crédit photo: Thomas Laberge

 

TL : Un autre sujet qui fait couler beaucoup d’encre en ce moment est celui de la gentrification. Que comptez-vous faire dans ce dossier ?

SB : Je préfère utiliser le mot diversification plutôt que gentrification. Je trouve que ce mot sonne péjoratif pour les nouveaux arrivants dans le quartier. Personnellement, je crois qu’il faut encourager les gens à venir s’installer dans Hochelaga-Maisonneuve, mais je comprends que certaines personnes se sentent menacées par ce phénomène. Selon moi, la solution passe par le communautaire.

TL : Est-ce que cela signifie que vous voulez augmenter le financement des organismes communautaires ?

SB : Pas nécessairement. Ce qu’on propose, c’est du financement plus stable pour les organismes, c’est-à-dire un plan sur trois ou quatre ans où on va pouvoir dire assurément : « vous allez l’avoir votre budget ». Mais il faut démontrer que l’argent octroyé donne de bons résultats. Il faut donc qu’ils arrivent à prouver qu’ils ont un impact sur le plan qualitatif et quantitatif. Je sais que ce n’est pas l’fun de parler en ces termes-là, mais je tiens à dire que je considère que les organismes communautaires du quartier font un travail incroyable et qu’ils doivent se sentir valorisés.

TL : Croyez-vous que d’augmenter le nombre de logements sociaux soit une piste intéressante pour contrer le problème de la gentrification ?

SB : Je ne suis pas certaine que la solution c’est l’augmentation des logements sociaux. Je crois qu’il faut avant tout s’assurer que ce sont les bonnes personnes qui ont accès aux logements sociaux. Il y en a beaucoup actuellement dans le quartier ; la question est de savoir si la répartition est optimale. La CAQ veut aussi soutenir les aidants naturels afin que, par exemple, les personnes âgées puissent rester à la maison plutôt que d’aller dans des logements sociaux.

TL : Comment réagit-on à votre candidature dans le quartier ?

SB : Des organismes communautaires m’ont dit que la CAQ leur faisait peur. Je crois que cela vient du fait que les gens ont une mauvaise perception de notre parti. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas « solidaire » dans le nom de notre parti qu’on n’a pas d’empathie. Ce n’est pas parce qu’on parle beaucoup d’économie qu’on ne se préoccupe pas du filet social, au contraire. On souhaite aussi le bien-être de tous ; on veut juste s’assurer que l’argent soit distribué le mieux possible.

A propos Thomas Laberge

Thomas Laberge
Habitant dans Hochelaga depuis 3 ans, Thomas Laberge a quitté son Saguenay natal pour faire ses études à l’UQAM. Après sa maîtrise en science politique, il se tourne vers le journalisme. S’intéressant aux multiples aspects de la vie en société, il cherche maintenant à voir comment le journalisme peut être la continuation de la politique par d’autres moyens.

2 Commentiares

  1. Pierre Langlois

    Comme c’est rafraîchissant à lire. Enfin quelqu’un qui n’essaie pas de se faire du capital politique dans ce quartier en exploitant bassement des sentiments aussi ignobles que l’envie et le ressentiment. C’est-à-dire qui n’essaie pas d’ostraciser une partie de la population ou encore d’en monter une partie contre une autre.
    Gabriel Nadeau-Dubois déclarait à Tout le Monde en Parle l’automne dernier . «Des gens qui gagnent plus de 100 000$ par année convainquent des gens qui gagnent 60 000$ que la stagnation de leur niveau de vie, c’est la faute des gens qui en gagnent 25 000$. »C’est la faute des artistes, des BS, etc. » Il y a quelque chose d’un peu absurde là-dedans.»
    On pourrait renverser la proposition : une certaine gauche (qui parfois gagne très bien sa vie elle aussi) veut convaincre des gens qui gagnent 25 000$ que leurs problèmes sont causés par des gens qui gagnent 60 000$ (voire 50 000$ ou 40 000$). « C’est la faute des petits entrepreneurs, des propriétaires de condos, etc. » Il y a, en effet, quelque chose d’absurde là-dedans.

  2. Mobile first. Ça existe !

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