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4e semaine : la prostitution

BANNIERE V11

Durant la campagne électorale fédérale, QuartierHochelaga.com s’associe avec le groupe Facebook Hochelaga MON quartier, pour poser «La question de la semaine» (LQS). Le concept? Une question par semaine aux candidats de notre circonscription*. 11 questions pour 11 thèmes différents . Vous êtes invités à vous joindre à la discussion qui se tiendra sur le groupe après chaque publication. Cette semaine, nous parlons de prostitution.

Quels que soit le candidat, tous les trois remettent en cause le nouveau cadre juridique mis en place par le gouvernement Harper et le changeront une fois au pouvoir. Ils dénoncent aussi la violence et la traite subies par ces hommes et ces femmes et lient les nuances avec la dépendance aux drogues.

La candidate libérale Marwah Rizqy et le candidat bloquiste Simon Marchand prônent la collbaoration avec les organismes associatifs et les services de police pour réguler la prostitution. La candidate libérale propose en plus de financer des logements de réinsertion pour les travailleurs et travailleuses du sexe. La députée sortante Marjolaine Boutin-Sweet propose une idée proche sous le nom d’un «centre de répit», d’ouvrir un site d’injection supervisée et d’utiliser les moyens mis en place par la stratégie de lutte contre l’itinérance.

À vous de juger.

QUESTION: Que comptez-vous faire du nouveau cadre législatif, appliqué depuis décembre, sur la prostitution? Et quelles sont les solutions que vous envisagez pour régler ce problème?

«Le Parti libéral s’est opposé au projet de loi conservateur et s’engage à changer le cadre juridique si nous formons le prochain gouvernement.» Marwah Rizqy

MARWAH RIZQY 
Parti libéral du Canada

En 2013, la Cour suprême a statué que le Code criminel entravait le droit à la sécurité des travailleurs(ses) du sexe. Elle a alors accordé un an au gouvernement pour modifier les dispositions contestées pour les rendre conformes à la Charte canadienne des droits et libertés. Malheureusement, la nouvelle loi C-36 du gouvernement conservateur n’offre pas une protection adéquate pour la santé et la sécurité des personnes les plus vulnérables, notamment les femmes. Pendant ce temps, beaucoup de résidents d’Hochelaga continuent à subir les effets néfastes de la prostitution sur la qualité de vie de leur quartier. C’est pourquoi le Parti libéral s’est opposé au projet de loi conservateur et s’engage à changer le cadre juridique si nous formons le prochain gouvernement.

Nous croyons que les solutions à la problématique de la prostitution passent par un cadre législatif et des mesures qui feront l’objet de larges consultations avec les citoyens touchés, les organismes sur le terrain tel que Stella, les arrondissements, les forces de l’ordre, et l’ensemble des partis représentés au parlement, dans un esprit d’écoute et d’échange non partisan.

Les lois devront notamment faire en sorte que les prostitué(e)s ne soient pas mises en arrestation pour cause de sollicitation et puissent travailler dans des lieux les plus sécuritaires possibles. Il faut sortir les prostitué(e)s des maisons de crack et de la rue tout en favorisant la réinsertion sociale. Pour ce faire, je travaillerai à ce que le fédéral participe au financement de logements supervisés pour les prostituées qui souhaitent s’en sortir et des groupes de soutien communautaires sur le terrain. Nous devons également travailler avec les forces de l’ordre afin que les lois soient réellement appliquées, que ce soit au niveau de la violence, des abus sexuels, du harcèlement ou de l’extorsion. En travaillant tous ensemble, nous pouvons faire mieux.

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«J’ai fait parvenir à trois reprises un guide de ressources pour offrir des alternatives à la judiciarisation des personnes.» Marjolaine Boutin-Tweet

MARJOLAINE BOUTIN-SWEET 
Nouveau Parti démocratique

La prostitution est un enjeu complexe auquel il n’y a pas de réponse simple. Malheureusement, les lois et les règlements municipaux ne feront pas disparaître à eux seuls la traite de personnes, l’exploitation sexuelle et la prostitution de rue. Cela dit, ma priorité est de protéger la sécurité et la vie de toutes les femmes.

Dans la cause Bedford, la Cour suprême conclu que la pratique de la prostitution dans la clandestinité met en danger la sécurité et la vie des personnes. Or, la réponse conservatrice (projet de loi C-36) continue de criminaliser les personnes pratiquant la prostitution. Qui plus est, les 20 millions $ sur cinq ans prévus par les conservateurs représentent des peanuts pour l’ensemble du Canada. Ce n’est pas suffisant pour sortir les gens de la pauvreté, enrayer la traite de personnes et régler les problèmes de dépendance.

Dans Hochelaga, on parle d’un problème de narco-prostitution. Les irritants vécus par les résidents proviennent en grande partie de personnes intoxiquées et de clients trop insistants. En collaboration avec les organismes du quartier, j’ai fait parvenir à trois reprises un guide de ressources pour offrir des alternatives à la judiciarisation des personnes.

Je suis également intervenue pour faire débloquer une subvention essentielle à l’ouverture d’un centre de répit pour les femmes pratiquant la narco-prostitution dans le quartier. Avec la nouvelle stratégie fédérale de lutte à l’itinérance, la moitié des postes d’intervenant-e-s de la circonscription vont disparaître. Le NPD s’est engagé à rétablir un financement généraliste, stable et prévisible, afin de soutenir adéquatement les services de première ligne et de prévention.

Le NPD soutient également le développement de sites d’injection supervisée (SIS), qui permettent de sauver des vies et de sortir des gens de l’enfer de la drogue. En implantant un SIS dans Hochelaga-Maisonneuve, nous contribuerons à réduire les irritants liés à la narco-prostitution.

ANNE-MARIE SAINT-CERNY
Parti vert du Canada

La candidate du Parti Vert du Canada n’a pas remis sa réponse au moment de publier, nous l’intégrerons une fois reçue.

«Sur cette problématique, ainsi que sur plusieurs autres, le Bloc Québécois est le seul défenseur du modèle québécois.» Simon Marchand

SIMON MARCHAND
Bloc québécois

Habitant dans le quartier depuis plus de 7 ans, je comprends l’exaspération que peuvent ressentir les commerçants et citoyens d’Hochelaga face à ce phénomène. Cette problématique est bien visible dans le quartier.

Bien que l’on puisse être interpellé et parfois choqué par cette réalité, il faut savoir se montrer empathique. Dans Hochelaga, les personnes qui se prostituent mettent souvent leurs vies en danger et pour elles, la prostitution n’est pas un choix.

Désormais, les travailleuses et les travailleurs du sexe ne sont plus criminalisé(e)s, les clients le sont. Ce fait nouveau amène les prostitué(e)s à se cacher de plus en plus loin et à augmenter le risque déjà très grand pour leur vie et leur santé. C’est pourquoi nous devons leurs apporter des services appropriés, via les services de santé, les services sociaux et les organismes communautaires qui viennent en aide à ces personnes Sur cette problématique, ainsi que sur plusieurs autres, le Bloc Québécois est le seul défenseur du modèle québécois.

À l’opposé de l’approche légaliste du gouvernement Harper, il faut faciliter la concertation entre les différents acteurs concernés. On doit impliquer les commerçants, les citoyens, les organismes et les services de police afin de se doter des outils les plus efficaces et appuyer nos intervenants locaux plutôt que d’imposer un modèle pan canadien mal adapté à notre réalité. Ce n’est qu’en s’attaquant à la racine du problème qu’on pourra réduire le phénomène de la prostitution; en combattant la pauvreté, les dépendances de toutes sortes, l’exclusion et la détresse humaine. 

Par contre, la traite des femmes, des hommes et des enfants est inadmissible.  Il faut s’attaquer aux exploiteurs et prendre les mesures les plus dissuasives à leur endroit.

L’exploitation, sous toutes ses formes, est inacceptable: il faut la dénoncer et la combattre.

* Les candidats du BQ, NPD, PCC, PLC, et PVC sont invités à participer. Au moment de publier, le Parti conservateur du Canada n’a pas de candidat pour la circonscription d’Hochelaga.

A propos Arnaud Stopa

Diplômé d’histoire et de journalisme, un océan sépare le quartier qui l’a adopté en 2013 et ses origines. Surnuméraire au journal le Devoir, (vidéo) journaliste pigiste occasionnel, critique de musique métal à ses heures perdues, il souhaite faire connaître Hochelaga et son évolution actuelle.

5 Commentiares

  1. Annick Charlebois

    La Suède aurait pas mal réussi à endiguer la prostitution ET la traite de personnes. Je ne sais pas ce qu’on attend pour faire pareil.
    http://esnoticia.co/noticia-8790-swedens-prostitution-solution-why-hasnt-anyone-tried-this-before

    • Amélie Jolie

      La suède est un des pays ou il y a le plus de viol… La suède malade de ses viols, un exemple à suivre, je crois pas. Et en passant, le travail du sexe qui s’annonce sur internet, existent toujours là bas.

  2. martin dufresne

    Je trouve désolant de voir les trois candidat-e-s à avoir répondu reprendre les clichés que répand depuis toujours l’industrie du sexe pour protéger sa main-mise sur les femmes, pimpées pour la plupart et s’accaparer l’argent des « motés ».
    Comme l’écrit la commentatrice précédente, la Suède a instauré une réforme efficace (il y a déjà quinze ans) en dissuadant la demande.
    Madame Boutin-Sweet du NPD devrait se renseigner sur ce modèle nordique. Elle affirme que sa « priorité est de protéger la sécurité et la vie de toutes les femmes », mais semble ignorer que pas une prostituée n’a été tuée en Suède depuis l’adoption de cette loi dissuasive des acheteurs de sexe en 1999. Le recours à la prostitution n’est aucunement une fatalité. Les hommes peuvent se branler et les femmes aux prises avec des pimps et des toxicomanies doivent pouvoir compter sur la loi et sur des services sociaux offrant des ressources de recyclage, d’effacement du sossier judiciaire, de retour aux études, d’aide au logement et de désintoxication, toutes ressources que l’on a mis en route dans les pays scandinaves, à la demande des premièeres concernées. La loi C-36 est un premier pas en ce sens.
    Monsieur Marchand du BQ sembe être le seul à savoir que « Désormais, les travailleuses et les travailleurs du sexe ne sont plus criminalisé(e)s ». Les autres promettent d’abolir la loi qui a instauré ce changement… tout en parlant d’empêcher les femmes d’être criminalisées. Bonjour la logique!…
    Par contre, M. Marchand réitère le cliché selon lequel maintenant que les clients sont criminalisés, « ce fait nouveau amène les prostitué(e)s à se cacher de plus en plus loin et à augmenter le risque déjà très grand pour leur vie et leur santé ».
    D’abord, encore une fois, l’expérience des pays scandinaves dément formellement cette hypothèse d’un nombre accru d’agressions. C’est particulièrement évident si on compare la sécurité des femmes encore prostituées en Suède à la situation qui préfvaut dans les pays qui ont donné le feu vert aux pimps et aux motés (comme l’Allemagne où 53 femmes ont été tuées depuis la réforme législativer de 2003).
    Ensuite, il suffit de vivre dans Ho-Ma pour savoir que non, les prostitué(e)s et surtout leurs clients ne se cachent aucunement.
    C’est malheureux à dire mais les Conservateurs – dont je déteste les politiques en général – ont fait un bon coup en organisant une consuytation nationale en 2014 et en adoptant, avec la loi C-36, le modèle nordique de décriminalisation des femmes ET dissuasion des acheteurs de sexe et des pimps et tenanciers de bordels, comme quelque 35 000 Canadiennes et Canadiens l’ont majoritairement recommandé.
    Pour résoudre les problèmes actuels, il restera au prochain gouvernement à financer plus vigoureusement les ressources de sortie de la prostitution et de dissuasion des exploiteurs de femmes, au lieu de mettre la hache dans une réforme qui a mis le Canada dans le peloton de tête des progressistes, soucieux des droits des femmes dans ce dossier.

    • Amélie Jolie

      Arrête tu sais bien qu’on est pas toute pimpé… Et demande toi aussi pourquoi, on ne se garoche pas sur les programmes pour arrêter de travailler. Si on voulait vraiment arrêter de travailler, on prendrait les décisions en conséquence. Mais les programmes ne nous intéresse pas. On souhaite continuer à travailler dans les meilleurs condition possible pour nous. Heureuse de voir que les députés on quand même en considérations, la parole des travailleuses du sexe et qu’il ne font pas la sourde oreille comme les conservateurs, qui ne pense qu’à imposer leur morale et leur valeur aux autres.

      Le respect envers les travailleuses du sexe c’est aussi d’accepter qu’on a fait de choix de vie différent des vôtres. Vouloir nous sortir de se métier contre notre gré c’est de la dictature.

      Fini la prohibition déguisé en fausse bonne foi abolitionnistes.

      Ne pas confondre la demande des abolitionnistes avec les demande des travailleuses du sexe active.

      C’est une des lois les plus stupide que je connaisse, on a le droit de travailler mais pas d’avoir de client. On a pas le droit de partager un loyer avec des collègue de travail, pas le droit d’engager un garde du corps pour notre sécurité. Pas le droit de travailler en duo… Cette loi ne répond pas du tout à nos demandes et besoin comme travailleuse du sexe. Les conservateurs on juste changer 4 trente sous pour une piastre.

  3. Amélie Jolie

    Ça me désole encore une fois de voir le penchant abolitionniste du Bloc Québécois. Oui ont est plusieurs à avoir fait ce choix, il y a des années que j’ai essayé de vous parlez et que tout ce que j’ai reçu de votre part c’est un accusé de réception.

    Vous pouvez bien dire que ce n’est pas un choix de notre part alors que vous refusez de nous entendre parler. Je suis souverainistes oui, mais jamais au grand jamais abolitionnistes. Je vais sortir du métier quand je vais le vouloir, ça ne sera pas une dictature d’un gouvernement qui me fera arrêter.

    Pour les autres oui parlez un peu plus avec les travailleuses du sexe, vous allez avoir plus une idée de ce qu’on souhaite vraiment pour améliorer nos conditions de travail. Ce qui répond plus à nos besoin et nos désires comme travailleuses.

    Certaine d’entre nous on, s’organise déjà dans des coopératives de travail.

    Si la loi pouvais changer, et nous le permettre ça aiderais beaucoup de travailleuse. Discuter avez nous.

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