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Reconstruction de l’école Baril: entre indignation et l’espoir

Plan préliminaire de l'école Baril (CSDM)
Plan préliminaire de l’école Baril (CSDM)

     Le 24 octobre dernier s’est tenue une rencontre importante pour l’avenir des écoles de la rue Adam. L’annonce du budget de 19 millions de dollars dégagé par le gouvernement provincial pour la reconstruction de l’école Baril  a enfin fait progresser le dossier vers une étape plus concrète, deux ans après la fermeture de l’établissement.

On percevait la fébrilité des organisateurs de la rencontre, qui ont vécu beaucoup de remous lors d’assemblées de parents, souvent déçus par le manque de communication et de réponses concrètes dans le passé. Outre les nombreux représentants de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la rencontre a réuni plusieurs élus de différents paliers, des intervenants du milieu communautaire ainsi que quelques parents (10 tout au plus).

La présidente de la CSDM, Mme Catherine Harel-Bourdon, a animé l’assemblée. Bien que nouvellement saisie du dossier, comme bien d’autres représentants de la CSDM d’ailleurs, Mme Harel-Bourdon le maîtrisait parfaitement. Clément Bastien, dont la firme d’architecture a été sélectionnée pour la reconstruction de l’école, a présenté brièvement les plans. Il a parlé des influences architecturales du quartier, du site et de son contexte, de la réglementation applicable à la construction d’un nouvel édifice, des normes pour les écoles modernes : la lumière, la flexibilité, la transparence, l’accent à mettre sur l’étage noble, les relations entre les classes, l’environnement polyvalent (lieux d’apprentissage stimulants), etc. La présentation était pertinente, quoique peu adaptée aux personnes qui ne s’y connaissent pas ou peu dans le domaine.

L’école, qui selon les plans gardera sensiblement les mêmes dimensions, comportera 18 classes et pourra accueillir 500 élèves. Si la démolition de l’édifice actuel est prévue à l’automne 2014, l’objectif est que la nouvelle école soit achevée au printemps 2016. La bâtisse sera construite de façon à avoir une durée de vie illimitée, pour peu qu’elle soit entretenue convenablement. On a également convenu d’organiser des rencontres régulièrement tout au long du processus afin que la population soit tenue informée de chaque étape.

Pourquoi avoir choisi de démolir l’école plutôt que de partir de la structure actuelle? La Direction de la santé publique (DSP) ne pouvait pas garantir que les moisissures ne réapparaîtraient pas sur l’enveloppe extérieure. Le Dr Julien, présent dans l’assistance, semblait insatisfait de cette réponse puisque certaines analyses se contredisent à ce sujet selon lui. Bien qu’il ait souligné l’effort d’aller de l’avant avec cette rencontre sur la reconstruction, Dr Julien a rappelé encore une fois la situation déplorable dans laquelle se retrouvent les 500 écoliers déplacés. Le transport scolaire comporte encore des failles, et plusieurs des enfants qu’il suit présentent encore des troubles respiratoires. Les parents sont inquiets et, surtout, découragés. Cela expliquerait peut-être leur absence à cette rencontre.

Parents exaspérés

Les quelques parents présents se sont exprimés sur les délais de la démolition et de la construction, la question des fenêtres (s’ouvriront-elles ?), du patrimoine, etc. L’exaspération des parents à cause des problèmes occasionnés par le changement d’école imposé à leurs enfants était perceptible, d’autant plus que leurs enfants se retrouvent dans une école aussi touchée par des problèmes de qualité de l’air (école Louis-Riel). Ces parents se sentent impuissants devant les annonces faites dans les médias, ils ne savent plus qui ni quoi croire.

Quant aux parents dont les enfants fréquentent ou fréquenteront les écoles Hochelaga et Saint-Nom-de-Jésus, ils se sentent laissés pour compte à la suite de l’annonce faite dans cette assemblée. Qu’advient-il de leur école? L’école Baril accueillera-t-elle tous les enfants de la rue Adam? Mme Harel-Bourdon a rappelé à tous que les deux autres écoles font encore l’objet d’analyses et que des décisions concrètes seront prises au printemps quant à leur fermeture, rénovation ou reconstruction. La présidente de la CSDM a ajouté qu’avec la hausse du nombre d’enfants prévue dans les prochaines années, il serait impossible de ne maintenir qu’une école dans le secteur.

Une intervenante du milieu communautaire a mentionné qu’il serait important de communiquer avec les parents dont les enfants fréquentent les CPE, car ce sont eux qui profiteront des nouvelles constructions, qu’il faut les tenir au courant du dossier pour éviter qu’ils quittent le quartier. « Moi et ma conjointe y pensons sérieusement ! » a d’ailleurs déclaré un père découragé.

Il a été également question du projet éducatif de la nouvelle école qu’on souhaite créer de concert avec la communauté. Tandis qu’une élue penche pour un volet scientifique, certains parents ont mentionné un volet alternatif ou artistique. Une enseignante de l’école Baril nous confirme que les élèves participent déjà au processus de consultation et qu’on envisage de faire des tournées dans le quartier pour récolter des idées.

On a par ailleurs attiré l’attention sur l’âme de l’école Baril, qui est bien plus qu’une bâtisse patrimoniale. En effet, l’école est au cœur d’une communauté tissée serrée. Il faudra donc retrouver dans la nouvelle école des espaces favorisant ce sens genre de liens, comme des locaux pour les parents, pour les organismes, etc.

La rencontre a pris fin au moment prévu, même si certaines personnes souhaitaient continuer à s’exprimer. Celles-ci ont pu aller s’adresser personnellement aux différents acteurs du dossier, qui se sont montrés ouverts et disponibles pour accueillir tous les commentaires après l’assemblée.

Il est clair que la CSDM tente de maîtriser ce dossier complexe et de faire preuve de transparence. Il faudra par contre qu’elle ajuste son mode de communication pour joindre plus efficacement les parents et recréer un lien de confiance avec la communauté.

NDLR: Afin d’obtenir un aperçu des plans préliminaires de l’école Baril, consultez le site de la CSDM.

A propos Marie-Lyne Brunet

Marie-Lyne Brunet
Maman, propriétaire d'un immeuble à logements, Présidente de la Zone de Persévérance Scolaire et directrice d'un organisme dans Hochelaga-Maisonneuve, Marie-Lyne aime les rencontres de ruelles et de bords de clôtures d'écoles! Toujours prête à participer au développement de la parole et de l'engagement citoyen, cette bachelière en éducation adore son quartier, le consomme et le vit pleinement, et souhaite partager ses découvertes et ressources à la communauté.

2 Commentiares

  1. Mme Harel-Bourdon a rappelé à tous que les deux autres écoles font encore l’objet d’analyses et que des décisions concrètes seront prises au printemps quant à leur fermeture, rénovation ou reconstruction
    ___________

    La démolition de cette école est une honte. Point.

    Pierre R Chantelois

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