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Remise en état pour deux écoles fermées du quartier

École Hochelaga

« Nous sommes ici, ce soir, pour vous communiquer les rapports d’évaluation des bâtiments et vous annoncer de bonnes nouvelles! », a lancé dès le début de la rencontre la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Mme Catherine Harel-Bourdon.

Sur invitation de la CSDM, une soixantaine de parents et citoyens se sont présentés à l’École Hochelaga lundi le 14 avril. Le but de la rencontre était de faire le point sur le dossier des moisissures dans les écoles Hochelaga et Saint-Nom-de-Jésus. Quartier Hochelaga s’est invité à l’événement.

Quelques politiciens étaient aussi présents au gymnase de l’École Hochelaga, rue Adam, notamment la députée provinciale Carole Poirier et Laurent Blanchard, ancien conseiller municipal d’Hochelaga.

On retrouvait à la table de la CSDM un total de sept conférenciers venus faire le point sur la situation des deux écoles. Parmi ceux-ci, il y avait des représentants des différentes firmes spécialisées impliquées dans l’évaluation des bâtiments et des représentants de la CSDM, dont Mme Catherine Harel-Bourdon, présidente de la commission scolaire, et Mme Diane Beaudet, commissaire du district d’Hochelaga-Maisonneuve.

Une batterie de tests

Les différents intervenants du dossier ont pris le micro afin de communiquer aux citoyens et aux parents le diagnostic des deux bâtiments et les protocoles qu’ils ont suivis.

Un représentant du service des ressources matérielles de la CSDM a pris la parole et est venu présenter le Programme de qualité de l’air intérieur qui, comme son nom l’indique, établit les normes en ce qui a trait à la qualité de l’air dans les écoles de la commission et les procédures lorsque ces normes ne sont pas rencontrées.

Par la suite, des représentants des firmes d’architecture C2V et Patenaude Trempe Van Dallen – deux des trois firmes impliquées dans l’évaluation des bâtiments – ont expliqué leur protocole de diagnostic et les rapports d’évaluation des bâtiments réalisés.

Les parents qui étaient présents dans la salle ont eu droit à un cours quasi complet sur les caractéristiques architecturales des deux écoles et les pratiques de construction utilisées à l’époque, soit en 1922.

Et les moisissures, alors?

Les trois firmes qui se sont penchées sur ces écoles s’entendent : il n’y a pas, à proprement parler, de problème de moisissures dans les écoles Hochelaga et Saint-Nom-de-Jésus.

Les firmes ont procédé à des inspections externes et internes des bâtiments et à des ouvertures exploratoires sans trouver de traces de moisissures. Du moins, pas en des quantités alarmantes ou qui pourraient laisser craindre pour la santé. S’il y avait des traces de moisissures, celles-ci étaient localisées et circonscrites à des endroits où on les retrouve normalement (par exemple, près des radiateurs).

Même son de cloche en ce qui a trait à la condition générale des deux écoles. Les parties les plus importantes de ces bâtiments – la structure et le revêtement – sont en bon état et peuvent encore remplir leur fonction pour longtemps.

Il en est toutefois tout autre pour d’autres éléments de ces bâtiments. Ainsi, les fenêtres plutôt vieilles laissent, dans certains cas, infiltrer l’eau. Il est donc primordial de procéder à leur remplacement avant que les infiltrations d’eau ne causent des dégâts aux bâtiments ou permettent la formation de moisissures.

École HochelagaAutres points problématiques : les planchers, le sol et la ventilation. Les planchers présentent plusieurs couches de matériaux (bois, colle, ciment et amiante). L’inspection des planchers a révélé que beaucoup de poussière pouvait s’être réfugiée dans ces couches. Il est donc possible que les problèmes de santé de certains élèves et membres du personnel ne soient pas liés aux moisissures, mais bien à cette poussière.

Quant au sol, les analyses ne sont pas encore tout à fait terminées, mais les tests préliminaires laissent croire qu’il serait contaminé et que des toxines pourraient s’en échapper par évaporation, qu’il s’agisse du sol autour des écoles ou sous celles-ci.

Finalement, ces écoles font également face à un problème de ventilation, ou plutôt d’absence de ventilation. Toute l’aération de ces écoles repose ainsi sur de simples fenêtres. Quand les fenêtres sont fermées, les toxines présentent dans l’air ne peuvent pas être évacuées, faute de système de ventilation mécanique. L’ajout d’un système de ventilation mécanique fait donc partie des plans de la CSDM.

Retour des élèves

Malheureusement, même s’il n’y a pas de moisissures dans ces deux écoles, les enfants ne pourront remettre les pieds dans l’école avant bien longtemps.

Il n’en demeure pas moins que d’autres contaminants sont présents et qu’il faut les retirer. Les travaux de réparation, de restauration et de réhabilitation pourraient également permettre à des toxines de s’échapper et c’est pourquoi ils devront être réalisés avant de laisser la place aux enfants.

La suite des événements sera connue le 21 mai prochain, lors du conseil des commissaires. Un plan d’action sera mis en place et envoyé au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), pour approbation.

Exaspération des parents

La présentation s’est terminée sur une période de questions ouvertes. Les parents en ont profité pour faire part de leur exaspération par rapport à ce dossier. La situation dure depuis déjà trop longtemps et la CSDM ne peut confirmer quand les écoles rouvriront. Les meilleurs scénarios laissent entendre que les élèves auront accès à leur école à l’automne 2015 si les travaux débutent rapidement. Notons que ces deux écoles sont fermées depuis dix-huit mois.

D’autre part, cette rencontre soulève des questions quant à la qualité de l’air dans Hochelaga. Si les problèmes de santé des enfants et du personnel ne sont pas liés directement à la qualité de l’air dans les écoles, se pourrait-il alors que le problème soit lié à la qualité de l’air dans le quartier? Doit-on pointer du doigt les industries et la congestion routière de la rue Notre-Dame? Malheureusement, ces questions sont en dehors de la juridiction de la CSDM…

En bref

  • Grâce aux tests effectués, les experts ont une meilleure compréhension de l’état des deux écoles, des désordres qu’ils présentent et des pistes de solutions qui s’offrent à la CSDM.
  • En général, les deux bâtiments offrent de bonnes performances aux niveaux de la structure et de l’enveloppe. La CSDM n’envisage donc aucunement l’abandon ou la destruction de ces deux établissements.
  • Toutefois, certains éléments ont atteint leur durée de vie utile et nécessitent des interventions avant que les enfants ne puissent réintégrer leur école : fenêtres, maçonnerie de pierre, planchers, plafonds, vides sanitaires, sols, retrait des réservoirs pétroliers.
  • Les niveaux de moisissures sont considérés comme « normaux » : les quelques traces trouvées sont circonscrites et ne laissent pas craindre pour la santé.
  • Par contre, d’autres toxines et polluants sont présents dans l’air de ces écoles et les travaux qui seront réalisés chambouleront l’équilibre environnemental. Par conséquent, les élèves ne pourront pas réintégrer les écoles avant que les travaux de réhabilitation ne soient réalisés.
  • Les travaux ne pourront pas débuter avant l’approbation de l’enveloppe budgétaire par le MELS. Un retour en classe est difficilement envisageable avant l’automne 2015.

A propos Mathieu Bouchard

Mathieu Bouchard
Résident du quartier depuis 2010, Mathieu a étudié les lettres et la création littéraire à l'UQAM. Curieux, il s'intéresse à tout, mais surtout à ce qui est local, à tout ce qui se trouve à l'échelle communautaire, que ce soit l'économie, la politique ou l'éducation. Ce qui le passionne ? Tout ce qui est hors norme, ce qui redéfinit les limites, ce qui change les perspectives. Il souhaite mettre sa plume au service de QuartierHochelaga.com , tant pour couvrir les actualités de l'arrondissement que pour faire découvrir à ses lecteurs des sujets qui le touchent .

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